Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Affiche pour soutenir la réforme des retraites lors de l’Assemblée des délégués du parti socialiste suisse. Fribourg, 24 juin 2017.
© KEYSTONE/Jean-Christophe Bott

Opinion

Le futur de nos retraites mérite notre soutien

Les deux sénatrices romandes du Conseil des Etats, Liliane Maury Pasquier et Géraldine Savary, soutiennent la réforme Prévoyance 2020, fruit d’un compromis politique acceptable, y compris pour les femmes

Le 24 septembre, le peuple suisse se prononcera sur l’avenir de ses retraites. Dans un climat politique très tendu: le soutien au projet au parlement s’est joué à une voix près. D’un côté, le Parti socialiste et le Parti démocrate-chrétien, qui mettent toutes leurs forces dans la bataille. De l’autre, le Parti libéral-radical, qui ne décolère pas de n’avoir pu imposer son agenda libéral et ses mesures d’austérité. Samedi dernier, hormis l’UDC, qui semble en position de recul sur ce dossier – elle ne se prononcera qu’à la fin du mois d’août –, les partis politiques se sont lancé salves et banderilles par assemblée interposée.

Un enjeu qui dépasse les lignes partisanes

C’est que l’enjeu est de taille et dépasse les lignes de front partisanes. Depuis 2004, toutes les révisions de l’AVS et du deuxième pilier ont échoué devant le peuple. Non que celui-ci soit résigné au statu quo ou s’arc-boute sur les droits acquis. Mais parce que les réformes proposées n’étaient pas équilibrées. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. A la technique de la réforme tranche par tranche, sacrifice après sacrifice, le projet Prévoyance 2020 substitue une vue d’ensemble du système de retraite.

Oui, c’est compliqué à expliquer et à calculer mais, au moins, on ne prend pas les citoyennes et citoyens pour des ignorants incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et de leurs intérêts. Cette obligation d’une réforme qui englobe premier et deuxième piliers a un grand avantage: elle permet de mesurer à long terme le niveau de vie et de rente des personnes âgées et son architecture rend possible la compensation des mesures difficiles par d’autres, plus généreuses.

Aussi pour les femmes

Résultat: Prévoyance 2020 assure les rentes pour les dix ans à venir tout en modernisant le système des retraites. Elle renforce l’AVS, qui est l’une des plus belles réalisations de la Suisse moderne, tout en garantissant le niveau de la prévoyance professionnelle obligatoire. Le financement est garanti par une augmentation de 0,3% de la TVA à partir de 2021, une hausse des cotisations sociales et l’élévation progressive de l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans.

Le taux de conversion minimal passe de 6,8% à 6%. En contrepartie, les rentes AVS sont augmentées de 840 francs par année pour une personne seule et de 2712 francs pour un couple, l’accès au deuxième pilier pour les revenus modestes est amélioré, les chômeuses et chômeurs âgés gardent leurs droits et la retraite anticipée est facilitée.

Nier la nécessité d’une réforme est suicidaire. Faire croire que l’on peut faire mieux, mensonger

Durant toute notre activité politique, nous avons défendu, au parlement fédéral comme dans notre engagement de tous les jours, l’égalité entre femmes et hommes, l’assurance maternité, une politique familiale qui permette aux femmes d’être présentes sur le marché du travail. Nous avons combattu la discrimination liée au genre et les réformes sociales qui se faisaient sur le dos des femmes.

Aujourd’hui encore, au Conseil des Etats, nous savons la responsabilité qui nous engage, alors que nous ne sommes que sept femmes sur quarante-six, à rappeler la nécessité de l’égalité. C’est fortes de cette responsabilité que nous avons travaillé et soutenu le projet Prévoyance 2020. Parce que l’augmentation progressive de l’âge de la retraite des femmes – que nous avons combattue lors des débats parlementaires – est compensée par le renforcement du premier pilier, parce que l’accès facilité au deuxième favorisera les 63% de salariées qui n’ont, à la retraite, que leur AVS pour vivre.

La droite détricotera le projet

Nier la nécessité d’une réforme est suicidaire. Faire croire que l’on peut faire mieux, mensonger. Que ferait la droite du parlement d’un échec de la réforme dans les urnes? Elle détricotera le projet, proposera la baisse du taux de conversion sans compensation, déjà refusée par le peuple. Puis elle augmentera l’âge de la retraite, d’abord pour les femmes, puis pour tout le monde à 67 ans.

Sans oublier de bloquer l’indexation automatique des rentes. Personne n’y gagnerait: ni les rentières et rentiers actuels, plongés dans l’incertitude quant à l’avenir de leur retraite, ni les femmes qui devraient travailler plus longtemps sans augmentation de leur rente, ni la nouvelle génération, privée de financement supplémentaire pour ses vieux jours. Le futur de nos retraites mérite notre soutien. Car se retirer du travail, ce n’est pas se retirer de la vie.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)