Opinion

Gabriel Matzneff, David Hamilton et les autres: le carnage pédophilique

OPINION. L’historien Michel Porret revient sur les lourdes questions que pose l’affaire Gabriel Matzneff du point de vue de l’historien et de l’évolution du droit

Le Consentement de Vanessa Springora pointe la dévastation pédophilique de Gabriel Matzneff, lauréat 2013 du glorieux Prix Renaudot (catégorie essai) pour Séraphin, c’est la fin!. Entre abus physique et moral, la pédophilie essentialise aujourd’hui la monstruosité morale du prédateur sexuel.

Or, vers 1970, après André Gide et Roger Peyrefitte, la pédophilie visuelle du photographe David Hamilton (suicidé en 2015?) et celle écrite des «écrivains d’avant-garde» (Tony Duvert, Gabriel Matzneff) emplissent les librairies. Ancien libraire, puis-je oublier l’engouement pour les Jeunes filles en fleur de Hamilton, cadeau livresque passe-partout. La fascination esthétique du corps mineur est alors quasi consensuelle. En 1977, le quotidien Libération soutient le Front de libération des pédophiles (FLIP). L’imaginaire libertaire dévoyé prône la «sexualité entre adultes et mineurs». La guérilla anticonformiste sera pédophilique. L’éloge de la jouissance désentravée vaincra la morale bourgeoise. Bienfaitrice pour l’enfant, quel qu’en soit le prix traumatologique!