Une demi-seconde à peine, un flash sous le masque, un crissement de carres peut-être. Pas plus pour séparer l’ivresse glacée de la collision. Celle dont ne s’est pas relevé Gaspard Ulliel, fauché sur une piste de ski savoyarde mardi. Depuis l’annonce, c’est l’avalanche des tweets désolés, des portraits, des programmes TV remaniés. A priori, pas de quoi déphaser les journalistes, scruteurs de mauvaises nouvelles et forçats du carnet noir. Surtout celles et ceux qui, comme moi, n’ont pas été particulièrement marqués par ce visage gracile et mélancolique. Si Un Long Dimanche de fiançailles m’a fascinée, à l’aube de l’adolescence, c’était plus pour l’explosion du dirigeable que pour les émotions des personnages, que je ne me représentais pas vraiment. Le reste de son œuvre, je l’ai picoré épisodiquement et au hasard.