«Beaucoup de ceux qui l’ont approché à ce moment-là ont évoqué ensuite le magnétisme qui émanait de sa personne, la force mystérieuse qu’il dégageait.» Londres, Saint Stephen’s House, le 26 juillet 1940. Dans le bureau mis à sa disposition par le gouvernement britannique, le général de Gaulle reçoit un jeune officier volontaire des Forces françaises libres: Pierre Messmer, futur héros de la bataille libyenne de Bir Hakeim (mai-juin 1942) et futur premier ministre (1972-1974).

La description du général rebelle par ce visiteur de 24 ans figure au tout début du très intéressant Pierre Messmer. Le dernier gaulliste (Ed. Perrin) tout juste publié. Elle résume ce que tant d’opposants au Général de Gaulle échoueront à briser, après l’appel du 18 juin 1940: cette capacité à créer un lien exceptionnel avec ses partisans. Cette façon presque surnaturelle de s’imposer aux hommes et aux événements, résumée par cette phrase de l’appel, scrupuleusement notée, ce jour-là, par les services d’écoute helvétiques qui produisirent sa première transcription radiophonique: «Le dernier mot est-il dit? L’espérance doit-elle disparaître? La défaite est-elle définitive? Non!»