Un sujet revient avec insistance dans la campagne pour les élections genevoises: arrêtons la croissance du canton, stoppons son développement. En cause: crise de la mobilité, augmentation de la pollution sonore et de l’air, explosion de la fréquentation de l’aéroport, augmentation de la densification des villes genevoises. Faut-il stopper la croissance, décider que le canton ne peut pas dépasser 500 000 habitants, faut-il laisser faire en se basant sur une possible autorégulation ou faut-il accompagner cette croissance?

J’ai appris en médecine qu’une personne qui décide de ne plus avancer, de ne plus marcher, de ne plus faire de projets est rapidement condamnée. Stopper notre développement signifiera à moyen terme la mort de notre canton (diminution des emplois, augmentation du chômage, augmentation de la moyenne d’âge de la population, éclatement du noyau familial…). Le bien commun commande de trouver une autre solution. Et cette solution réside dans un autre développement, non pas à l’échelle du canton mais de la région.

Négocier avec Paris

Diminuer les 600 000 passages journaliers à la frontière signifie qu’il faut implanter des emplois proches de son lieu de vie. Nos centres industriels et artisanaux devront se construire en France voisine, en profitant de la zone franche. Le PDC propose depuis des années de négocier avec Paris un statut spécial, se basant sur celui qui existe pour l’aéroport de Bâle (une zone sous droit du travail suisse en territoire français). Le canton devra s’engager à investir dans les infrastructures.

Pourquoi ne pas transformer Payerne en aéroport international et transférer une partie des vols à cet endroit

On pourrait aussi imaginer de négocier, avec le canton de Vaud, un même développement en échange d’une rétrocession d’impôts. Il faut de l’imagination et arrêter de dire que rien n’est possible. Le bien commun commande une prise de risque et le développement de nouvelles idées.

Prendre langue avec les Vaudois

Nous aurions donc moins de logements à construire, moins de voitures sur les routes et pour l’aéroport pourquoi ne pas prendre langue avec nos voisins Vaudois pour transformer Payerne en aéroport international et transférer une partie des vols à cet endroit. Il suffirait de construire une liaison rapide en train entre les deux hubs.

L’avenir ne peut se penser que sur un territoire plus grand que notre canton, sur le territoire du Genevois dans son vrai sens étymologique. Redonnons vie au Grand Genève, redonnons-lui un sens.

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