Genève va mal. Au fil des années, ce constat s’est imposé comme une évidence. Non seulement dans le canton, où le lamento est devenu rituel, mais surtout à l’extérieur, où il est de bon ton de souligner la «sclérose» genevoise, comme vient de le faire le syndic de Lausanne Grégoire Junod sur les ondes de la RTS.

Aujourd’hui, le malaise genevois – titre d’un livre de notre collègue Stéphane Bussard publié en… 2005 – mérite à nouveau un diagnostic approfondi. Car la Suisse romande et l’arc lémanique, dont Genève reste la capitale naturelle, ne peuvent exprimer leur plein potentiel que si la locomotive du bout du lac fonctionne bien.

Sur ce point, le contraste devenu flagrant entre Vaud et Genève interpelle. Comment deux territoires qui ont tant en commun peuvent-ils connaître des sorts si dissemblables, entre celui qui affiche une forme presque irritante et celui qui se complaît à broyer du noir?

Pour mieux comprendre, Le Temps propose une radiographie des blocages genevois – avec l’idée de formuler, à terme, des idées pour les surmonter.

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C’est d’abord la culture politique du canton qui est malade, comme le montre la première enquête de notre série sur le goût de la confrontation qui imprègne ses syndicats. Pour d’autres (Grégoire Junod encore), ce sont plutôt la «bourgeoisie» et son conservatisme qui seraient responsables de l’immobilisme genevois.

Mais il serait faux d’incriminer une catégorie en particulier. En réalité, c’est bien dans le face-à-face improductif de différentes forces que réside le problème. Ainsi que dans une certaine complaisance, sinon arrogance, qui enferme Genève dans le statu quo, au prétexte que la cité-canton serait intrinsèquement supérieure à ses voisins.

Comment en sortir? Mine de rien, Genève bouillonne de projets. Crise du logement mise à part, elle est plus vivable que dans les grises années 1990. Elle est en train d’absorber avec succès le choc de la fin du secret bancaire. Ce qui lui manque, c’est un souffle, une vision qui unirait des initiatives dispersées. Genève a besoin d’une nouvelle idée, d’une nouvelle conscience d’elle-même. C’est à ce travail sur soi que nous espérons apporter notre modeste contribution journalistique.

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