Après avoir connu bien des déboires économiques et pris conscience de la situation catastrophique de ses finances publiques, Genève avait bien besoin de retrouver quelques raisons d'espérer et de croire en ses atouts. Aujourd'hui, en plus de la reprise économique qui s'annonce enfin, les habitants du canton peuvent se réjouir de voir la Genève internationale se réveiller d'une certaine torpeur.

Ces prochaines semaines, une série de manifestations internationales (réunion de l'Organisation mondiale du commerce, assemblée de la Banque asiatique de développement, inauguration du Palais Wilson, Conférence mondiale sur le sida) vont en effet récompenser les efforts entrepris depuis trois ans par la Confédération et le canton. Des rendez-vous qui devraient être honorés de la présence de nombreux chefs d'Etat étrangers dont – peut-être – le plus médiatique, Bill Clinton.

Comme rarement à ce point depuis des années, le nom de Genève sera à nouveau associé aux grandes décisions politiques et économiques multilatérales. De quoi faire croire à ce petit territoire qu'il est à nouveau un des centres du monde. A tort. Car depuis la fin de la guerre froide Genève a définitivement perdu sa rente de situation. Elle n'est qu'une cité internationale en concurrence féroce avec des villes autrement plus importantes qu'elle. Quant à la neutralité de la Suisse qui fut un atout, elle devient un handicap dans un monde qui se recompose et où chacun compte ses alliés pour emporter les décisions.

Le réveil de la Genève internationale n'est pourtant pas à prendre à la légère. Il est le signe que le combat n'est pas perdu d'avance. Surtout, il est le fruit d'une prise de conscience du monde politique: désormais, plus rien n'est acquis. Seul un travail constant permettra à un minuscule canton de 400 000 habitants de demeurer une capitale de la diplomatie internationale.

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.