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Au début de la campagne sur les forfaits fiscaux, Genève la frondeuse paraissait la plus susceptible d’accepter l’initiative de la gauche demandant l’abolition de l’imposition selon la dépense. Un climat anti-riches, rappelant par certains aspects aux forfaitaires français le pays auquel ils ont tourné le dos, paraissait propice à une montée du oui.

Tel n’a pas été le cas. Ce dimanche, selon les résultats anticipés, Genève a clairement refusé par 68,7% des voix l’initiative de la gauche genevoise «Pas de cadeaux aux millionnaires». Idem pour le contre-projet qui passe à la trappe avec 56,48% de non, selon les projections.

Au moment où le Grand Conseil s’apprête à discuter d’un budget resserré, au moment où les syndicats de la fonction publique se préparent à la grève pour clamer leur refus des économies et des réformes salariales planifiées par le Conseil d’Etat, les Genevois n’ont pas voulu prendre le risque de se priver de recettes fiscales supplémentaires. Dans le pire scénario, si l’ensemble des forfaitaires installés dans le canton, avaient tourné les talons, l’Etat aurait perdu quelque 160 millions de francs.

Vigoureusement menée par les milieux économiques, la campagne axée sur la menace de hausses d’impôts pour les classes moyennes, de baisses de prestations publiques et de pertes d’emploi, a produit les effets attendus. Les Genevois n’ont voulu prendre aucun risque, et surtout pas celui de «se tirer une balle dans le pied».

Croisé avec les intentions de vote manifestées lors des sondages, et les premiers résultats de ce dimanche – ceux d’Argovie par exemple où l’abolition des forfaits est refusée à 56% – le vote genevois laisse augurer un non cinglant au niveau national.

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