A droite, toute! L’Entente genevoise des libéraux, radicaux et démocrates-chrétiens a retrouvé la majorité gouvernementale dont elle avait été dessaisie il y a quatre ans par une forte batterie de personnalités roses-vertes.

La mobilisation (46% de participation) n’a donc pas joué en faveur du Mouvement Citoyens genevois. Il échoue à placer ses deux candidats au Conseil d’Etat.

Le score d’Eric Stauffer et de Mauro Poggia est certes très honorable. Mais le socle électoral du MCG reste au niveau devenu classique, en Suisse, de l’expression protestataire. Lorsqu’il s’agit de transformer la manifestation d’un ras-le-bol en responsabilité concrète, une majorité de citoyens fait barrage.

Ce sursaut de bon sens n’atténue que partiellement le choc politique provoqué par le MCG. Volant à l’UDC son électorat naturel, il n’a cessé d’être au centre de la campagne, et son pouvoir d’arbitrage au Grand Conseil, où il dispose de 17 députés, reste intact.

C’est encore le MCG qui a imposé les thèmes du débat et qui a cristallisé la campagne sur les problèmes de sécurité urbaine.

Le centre de gravité politique s’est donc clairement déplacé à droite. Genève rejoint ainsi l’ensemble des cantons romands. Mais c’est au prix de deux singularités: une effervescence populiste envenimée par la crise et la proximité frontalière; et un Parti socialiste effondré, rongé sur sa gauche, débordé par les Verts. La mobilisation des citoyens n’a pas apporté aux roses le vote correctif dont ils avaient bénéficié il y a quatre ans. Le PS genevois était un parti grippé. Il est aujourd’hui aux soins intensifs.

Ce double mouvement de turbulence et d’affaiblissement donne le pouvoir à une Entente qui n’a recueilli qu’un gros tiers des suffrages au parlement, et dont les élus restent largement devancés par l’écologiste David Hiler. Il y a du trompe-l’œil dans cette victoire fragile, qui ne garantit en rien une législature cohérente et sereine.

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