Editorial 

A Genève, le verre à moitié plein

Dans tous les domaines qui font le quotidien des Genevois, la possibilité du dégel existe bel et bien, malgré les blocages et la culture conflictuelle du canton

Et si la capitale nationale des blocages, de la mauvaise humeur et de la confrontation échappait à son destin? Dans un contexte politique éclaté, alors que le débat budgétaire s’annonce houleux dès aujourd’hui au Grand Conseil genevois et que les négociations sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) semblent enlisées dans d’irréconciliables positions partisanes, l’hypothèse est pour le moins optimiste. Elle n’en est pas moins plausible, même si le chemin est très étroit.

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Dans tous les domaines qui font le quotidien des Genevois, la possibilité du dégel existe bel et bien. C’est cet alignement de planètes que «Le Temps» a décidé de photographier, dans un esprit volontariste. Celui-là même que partagent, à tous les échelons de la démocratie, ceux qui veulent croire aux vertus du compromis.

Certes, les vents contraires sont violents. Il y a la polarisation en trois blocs de la représentation politique, qui oblige depuis 2013 les constructeurs de majorités à naviguer à vue. Il y a la situation budgétaire tendue et la dette qui crispe à mesure qu’elle se creuse. Il y a la difficulté de réunir un vrai consensus autour d’une mise en oeuvre harmonieuse de RIE III. Il y a les faucons, dans chaque camp, résolus à jouer la rupture sur tous les dossiers. Il y a tout cela à la fois, et c’est beaucoup, ricaneront les sceptiques.

Mais d’autres signaux clignotent. En 2016, le canton s’est rassuré sur le financement de la rénovation de la Genève internationale, il a mis la Nouvelle Comédie sur les rails et signé, sur le papier au moins, la paix des transports. Pour achever de remplir, en vrac, ce verre à moitié plein, les perspectives s’améliorent sur le front du logement, le CEVA sortira bientôt de son long tunnel, la fonction publique ne bat plus le pavé comme un seul homme et la réorganisation générale du paysage culturel ouvre un tout nouveau champ des possibles.

Comme un symbole, une majorité du Grand Conseil pourrait bien décider d’accepter, d’ici vendredi soir et à peu de chose près, le budget d’apaisement proposé par le Conseil d’Etat. Le cas échéant, le contraste avec le pugilat de 2015 serait saisissant. Tout ne serait pas réglé, loin s’en faut. Mais un instant de concorde, même fugace, montrerait à qui en doute encore que l’union des bonnes volontés peut faire des miracles. Même à Genève.

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