Il ne se passe bientôt plus un jour sans que l’on apprenne que des personnes civiles ou militaires, chrétiennes ou musulmanes, sont assassinées au Mali, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso, en Centrafrique, au Cameroun, en Somalie et au Nigeria, pour ne citer que les pays les plus déstabilisés par les djihadistes. Ils sont armés par des groupes étrangers. Un terrible phénomène qui, telle une épidémie de peste, s’étend de plus en plus au centre du continent africain, faisant fi des frontières. Les facteurs sont multiples, mais il y a plusieurs constances: la pauvreté, le chômage, la drogue (Tramadol) qui fait des ravages, les luttes tribales, la corruption, la faiblesse de l’armée locale souvent corrompue ou des armées étrangères qui ne sont plus tolérées. Les blessures profondes de la colonisation ressortent telles des hydres qui n’ont pas été guéries. Le champ est libre pour les djihadistes.

C’est au Nigeria, 120 millions d’habitants, que des chrétiens, 80 millions, paient le plus lourd tribut à la cause de Boko Haram («L’éducation occidentale est un péché»), mais aussi des Peuls islamistes qui dominaient le nord du pays au XIXe siècle et se sont déplacés vers le sud chrétien. Ils tentent de reprendre le pouvoir. Selon les estimations prudentes de l’ONG Christian Solidarity International (CSI), au moins un millier de chrétiens auraient été tués au Nigeria ces derniers temps, les statistiques étant difficiles à établir. Les violences ethnico-religieuses perpétrées à l’encontre des chrétiens et aussi d’autres «infidèles» (musulmans modérés) dans le nord et le centre du pays, ont atteint des proportions dramatiques. Rien qu’au cours des dernières semaines à Kaduna et à Plateau, 50 chrétiens ont été tués, la plupart décapités, par des islamistes (selon des vidéos) et 58 autres enlevés.