Le titre de Libération est on ne peut plus parlant, qui fait référence au mythique Nightmare on Elm Street (1984): «Les griffes de la nuit éternelle emportent Wes Craven.» Le maître américain des films d’horreur, Wes Craven, qui a réalisé les séries cultes Scream et Freddy, est mort à l’âge de 76 ans des suites d’une tumeur cérébrale, a annoncé sa famille dimanche.

Il était «célèbre pour avoir contribué à populariser et à installer les codes d’un genre à part entière, le slasher, dans lequel des jeunes gens se font successivement trucider par un mystérieux tueur».

Wes Craven ne vous fera donc «plus crier», lui qui avait «réinjecté du sang neuf dans un genre alors moribond», lit-on sur le site de France Inter. Il s’est éteint dans sa maison de Los Angeles entouré par sa famille, notamment sa femme, la productrice Iya Labunka. Craven avait réalisé huit versions de Freddy (Les Griffes de la nuit), et dans les années 80 dirigé plusieurs épisodes de la série culte de fantastique The Twilight Zone, en plus de quatre films (1996-2011) de la série phénomène Scream qui a rapporté 600 millions de dollars de recettes dans le monde. Mais la Cinémathèque française est formelle:

Très «innovant» aux yeux de Rolling Stone, c’est lui qui avait repéré un certain Johnny Depp, alors totalement inconnu, et également donné un de leurs premiers rôles à Sharon Stone, dans La Ferme de la terreur (1981) et Bruce Willis, dans un épisode de la série télévisée The Twilight Zone. «Aujourd’hui, le monde a perdu un grand homme, mon ami et mentor Wes Craven», a twitté l’actrice Courteney Cox, l’une des héroïnes de Scream:

«J’ai le cœur brisé», renchérit le grand producteur Bob Weinstein, qui a produit les Scream, cité dans le magazine Variety. «C’était un grand cinéaste et son œuvre vivra pour toujours», a-t-il ajouté. Et «il a réinventé deux fois le genre du film d’horreur avec Scream et Freddy», a commenté Richard Potter, son producteur et scénariste. De sa collaboration avec lui, il dit que c’était «une personne profondément gentille, très intelligente». «On avait l’impression de parler avec son professeur favori.» John Carpenter, lui, se sent «dévasté»:

«Horror Maestro», résume en une formule le Hollywood Reporter. «Un masque blanc, évoquant le visage triste d’un fantôme»: pour Le Figaro, l’idée géniale de Wes Craven, le réalisateur, et de Kevin Williamson, le scénariste de Scream, «fut de confier à leur tueur sans pitié, Ghostface, un visage inquiet et torturé. De Scream, l’imaginaire collectif a sans doute uniquement retenu cet étrange masque». Avec ça, «il avait terrifié deux générations…» dit L’Obs.

«L’équipe du film s’est inspirée d’un costume commercialisé entre 1991 et 1992 par le magasin Fun World dans le cadre d’une collection intitulée «Visages fantastiques». Le masque était alors surnommé «le fantôme aux yeux de cacahuètes»:

Craven s’était aussi aventuré hors du film de genre avec La Musique de mon cœur (1999), pour lequel Meryl Streep avait été nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice mais aussi avec le thriller psychologique Red Eye, avec Rachel McAdams, et même avec la comédie romantique en réalisant un segment du film collectif Paris Je t’aime, en 2006. Il avait entamé sa carrière en 1972 avec La Dernière Maison sur la gauche, film d’horreur violent, inspiré d’Ingmar Bergman, qui a préfiguré le reste de sa carrière:

Originaire de l’Ohio, Wes Craven a enseigné l’anglais et était diplômé de philosophie. Il s’était aussi engagé sur l’île de Martha’s Vineyard, en faveur de la protection des oiseaux. En 2014, dans un entretien au Filmmaker Magazine cité par le Guardian, il avait confié être très étonné du succès et de la persistance des Griffes de la nuit dans la culture populaire.

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