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Gina Miller, cette gestionnaire de patrimoine est à l’origine du recours devant la Haute Cour de justice de Londres.
© BEN STANSALL

Revue de presse

Gina Miller, «l’héroïne» qui a remis en cause le vote sur le Brexit devant la justice

Cette gestionnaire de fortune avait déposé un recours à la Haute Cour de justice de Londres pour exiger que le parlement se prononce sur la sortie de l’Union européenne. Jeudi, elle a gagné un combat symbolique

C’est le mot du jour, dans la presse britannique: «turmoil». La tourmente. Celle promise au gouvernement de Theresa May après que la Haute Cour de justice d’Angleterre et du pays de Galles lui a porté un coup en décidant que le parlement devrait voter sur le processus de sortie de l’UE, ce qui pourrait ralentir le Brexit et peser sur les négociations. Le terme est utilisé aussi bien à droite qu'à gauche, dans le Financial Times comme dans le Guardian.

Lire aussi: La justice rappelle à l’ordre Theresa May

L’exécutif britannique va faire appel, mais les plaignants emmenés par Gina Miller, explique L’Obs, «estimaient que quitter l’UE sans passer par le parlement constituait une violation des droits garantis par l’Acte des communautés européennes de 1972, et que le référendum du 23 juin avait seulement une portée consultative». «Une démarche unilatérale du gouvernement reviendrait en effet à contredire la loi entérinant l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE» explique La Croix, «qui établit la primauté du droit communautaire sur le droit national». Il ne s’agit donc «pas d’une décision sur l’opportunité ou non de quitter l’UE, mais d’une décision sur un point de droit afin de déterminer la manière correcte de le faire», estime Trevor Tayleur, professeur à la University of Law.

«J’ai reçu des menaces de mort»

Dans ce contexte qui constitue un important rebondissement constitutionnel après le vote historique du 23 juin, on a vu émerger jeudi dans la presse une femme, Gina Miller, leader de People’s Challenge, un groupe de Britanniques tous en faveur du maintien au sein de l’Union européenne qui a levé près de 200 000 francs pour financer le procès. Elle est devenue «héros national» selon Les Echos, cette égérie dont les médias britanniques, eux, parlent depuis pas mal de temps déjà. On la dit «femme du siècle» sur les réseaux sociaux, comme l’écrit le Daily Mail. Elle est «multimillionnaire», ironise le Sun, qui avait fait campagne pour le Brexit, comme les autres tabloïds du Royaume.

Elle s’appelle donc Gina Miller, et le Daily Telegraph brosse un portrait roboratif de cette figure du Remain, menacée de mort et accusée de trahison par les partisans du Leave, rappelle Le Parisien: «J’ai reçu des menaces de mort. Apparemment, ma tête devrait figurer au Traitor’s Gate», la porte par laquelle les prisonniers entraient à la Tour de Londres au XVIe siècle, avait affirmé à la mi-octobre la cofondatrice du gestionnaire de fonds SCM Direct, dans une interview donnée à l’AFP. Elle devrait d’ailleurs être déchue de nationalité britannique, lit-on sur Twitter:

Mais qu’a-t-elle fait pour mériter cela, celle que The Independent qualifie de «philanthrope qui a fait dérailler Theresa May» et qui se présente sur LinkedIn en écrivant: «People say I am a passionate person»? Gina Miller est née en Guyane mais a passé l’essentiel de sa vie en Angleterre. Au lendemain du vote du 23 juin, elle est devenue le fer de lance de la lutte anti-Brexit en déposant un recours devant la Haute Cour de justice de Londres. Mais cette femme de 51 ans n’a nullement cherché à tirer la couverture à elle: «Le résultat d’aujourd’hui nous concerne tous. Nous avons tous voté pour un meilleur pays et un meilleur avenir», a-t-elle fait valoir, soucieuse avant tout que cette décision permette «un véritable débat au sein du parlement souverain».

Toutefois, selon le Daily Mail cité par Courrier international, l’arrêt du tribunal est «une défaite majeure» pour le gouvernement, voire une «humiliation» pour Theresa May. Le journal prévoit que la décision risque de «créer le chaos au parlement et sur les marchés financiers» et note que la livre sterling a déjà grimpé face au dollar après le verdict.

Et qu’est-ce que ça change? «Un vote au parlement britannique pourrait-il bloquer le Brexit?» questionne Libération. Qui répond: «Probablement pas. La majorité des députés au parlement a voté en faveur du maintien au sein de l’Union européenne. Mais la majorité de leurs administrés ont voté pour le Brexit, il y a donc peu de chances qu’ils décident de contredire leurs électeurs. L’introduction d’une loi permettra cependant aux députés de demander des comptes au gouvernement britannique et surtout des éclaircissements sur le type de Brexit qu’il entend négocier. Or, jusqu’à présent, le gouvernement s’est refusé à donner le moindre détail sur sa stratégie.» Ce que confirme The Spectator, qui trouve cela très embarrassant pour Downing Street.

Alors, «beaucoup de bruit pour rien?, comme le soutien Duma, en Bulgarie, cité par Eurotopics? «C'est le constat qui pourrait résumer le référendum au final. Les Britanniques veulent quitter l'UE, les dirigeants européens jouent les offensés et veulent se débarrasser de l’affaire le plus vite possible. Parallèlement, les deux camps font un pas en arrière. Il ressort déjà de sources diverses que des alternatives ont été élaborées afin de ralentir voire d'annuler le Brexit. Ce qui n'empêche pas Theresa May d'affirmer de façon catégorique que le peuple a parlé et que la décision est prise. Le plus triste dans tout ça, c'est que personne en Europe ne semble tirer d'enseignement de cette histoire.» A savoir? Les Britanniques ont préféré prendre le risque de sauter dans l'inconnu.»

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