On ne critique pas son usage: une glacière, c’est effectivement très pratique. Il faut en cela reconnaître qu’on n’a encore rien trouvé de mieux pour garder au frais le rosé, le fromage, la terrine et le jambon dans la chaleur des pique-niques de l’été. Sans compter les bières. Voire de rien d’aussi vital lorsqu’elle sert au transport d’organes. Mais ça, c’est une autre histoire.

On aurait en revanche beaucoup à dire au sujet de son esthétique. Car oui, la glacière est un objet abominable. Qu’importe la forme qu’elle adopte: de la malle en plastique avec sa grosse poignée qui vous donne l’air d’embarquer pour un voyage vers Mars au sac souple avec le nom d’une grande marque de bibine écrit partout dessus, elle reste cet accessoire encombrant et oublié du style. La faute à qui? A Richard C. Laramy, habitant de Joliet, Illinois, qui va breveter l’invention de la glacière portable en plein hiver, le 22 décembre 1953.

Le monde est à peu près en paix depuis huit ans. L’époque voit exploser la société des loisirs et, avec elle, cette idée bizarre d’organiser tous les week-ends des agapes en plein air. Sauf que dans l'Illinois, quand le soleil cogne, la moindre cervoise qui sort du frigo prend instantanément le chaud. Laramy prend donc une boîte qu’il rend isotherme et la remplit de glaçons. Au début, il s’agit de conserver les boissons au froid, simplement. L’Ice Chest (le coffre à glace), comme il l’appelle, va ensuite servir à garder à température basse n’importe quel aliment. Le concept va évoluer, et même s’électrifier. Mais de par son usage, la forme en bloc de l’objet, elle, va rester. Customisée à l’infini, au gré de la pub et des modes.


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