Le 25 mars 1821 marque le début de l’insurrection grecque face à l’Empire ottoman. L’Indépendance acquise, le 25 mars devint le jour de la fête nationale de la Grèce. Les célébrations du 200e anniversaire s’annoncent exceptionnelles en Grèce mais aussi à l’étranger grâce à la mobilisation de la diaspora appuyée par les sociétés philhellènes. En Suisse où le souvenir du séjour de Jean Capodistria, premier gouverneur de la Grèce libérée, est présent tant par le monument d’Ouchy que par un quai qui borde la rade de Genève, des manifestations sont attendues. Ne manquera au bonheur des Grecs que le retour des frises du Parthénon, toujours en exil à Londres. A bien des égards, le différend historique entre la Grèce et la Grande-Bretagne est emblématique des enjeux à venir pour le patrimoine mondial.

Transportées à Londres en 1802 par le comte Elgin, diplomate anglais féru d’antiquités, les frises seront vendues au British Museum en 1816. Depuis lors le British Museum conserve le mieux qu’il peut 136 éléments sculptés dans les ateliers de Phidias au Ve siècle avant notre ère. Tous proviennent du temple d’Athéna sur le site sacré de l’Acropole. C’est dans une Grèce exsangue, sous domination turque depuis des siècles que Lord Elgin traita avec la puissance occupante et acheta «légalement» les marbres au gouverneur turc d’Athènes.