Digitale attitude

Avec Google, on peut trouver son «sosie» dans un musée

OPINION. L’application, basée sur un selfie comparé à 70 000 portraits peints d’une banque de données artistique, permet ce «petit miracle». Qui a un précédent chez Microsoft

Une folie collective pour trouver son sosie dans un musée se propage depuis le mois de décembre sur les réseaux sociaux. En téléchargeant l’application «Google Arts and Culture», puis en prenant un selfie, l’utilisateur se retrouve face à un personnage peint par un grand maître qui serait son «jumeau». Les internautes découvrent ainsi avec bonheur ou désarroi qu’ils ont une plus ou moins grande ressemblance avec un modèle de Rembrandt, de Van Gogh ou d’un artiste moins connu.

L’application mobile, dans une mise à jour récente disponible pour les Américains, a rajouté l’option «trouver-son-double-dans-une-œuvre-d’art». Cela fonctionne ainsi: après avoir téléchargé le selfie ou une photo de célébrité, l’algorithme analyse les similitudes dans les traits du visage pour les comparer à 70 000 portraits provenant de collections du monde entier.

Affichés côte à côte, les résultats sont aussi amusants qu’absurdes et, du coup, se partagent sur les réseaux sociaux. Trente millions d’internautes se seraient déjà prêtés au jeu. Et l’on découvre avec malice que le double de Donald Trump serait soit une duchesse bavaroise du XVe siècle peinte par un artiste inconnu ou la Jeune Fille mangeant une glace de Botero.

Pour ce qui est de la confidentialité des données, le géant du Web se veut rassurant: les clichés ne seront pas utilisés à d’autres fins et effacés une fois le correspondant trouvé.

Il y a quelques années, un projet de reconnaissance faciale pour définir l’âge d’une personne d’après sa photo avait suscité le même engouement. Le programme de Microsoft baptisé How-Old.net était conçu à l’origine pour simplement tester un algorithme en puisant dans les quelques images mises à disposition sur le site.

Une forme de délire collectif

Mais le projet a pris une ampleur inattendue. Dans les heures qui ont suivi son lancement, des dizaines de milliers d’internautes ont téléchargé leur propre photo pour savoir quel âge leur donnait le logiciel puis, dans une forme de délire collectif, se sont mis à proposer des images de zombies, de jumeaux identiques, d’hommes politiques ou encore l’iconique Cri d’Edvard Munch. Pour confondre, avec succès, la machine… Un phénomène viral certes moins engagé que le mouvement #MeToo, mais plus amusant.


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