Et la Reine répondit à Alice: «Nous courons pour rester à la même place.» Depuis le début de l’année, à Berne, le pouvoir pédale dans le yaourt. Il règne sur le Conseil fédéral un climat de zizanie. Des rivalités et des conflits ouverts, ponctués de fuites, d’indiscrétions ciblées et de coups sous la table. L’opinion publique ne s’y est pas trompée qui, selon un sondage paru durant l’été, estime à 64% des sondés que les conseillers fédéraux ne gouvernent pas bien ensemble. Le travail d’équipe est jugé mauvais. La formule magique a perdu toute sa magie. Le Conseil fédéral rivalise ainsi en chute de popularité avec le président français Emmanuel Macron ou le chancelier allemand Olaf Scholz.