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Le grand débat de TF1 vu de Twitter

Après le grand raout télévisé de lundi soir, les internautes taillent un costume aux cinq candidats à la présidentielle, attaquant férocement leurs travers 

Au lendemain du #LeGrandDébat, suivi par quelque 9,8 millions de téléspectateurs, la prestation des cinq candidats à la présidentielle française est minutieusement décortiquée sur Twitter. Sans pitié ni filtre, les internautes épinglent leurs faiblesses, leurs tirades malheureuses et leurs incohérences. Macron le solitaire, Fillon le résistant, Marine la provocatrice, Hamon le discret et Mélenchon le frondeur: tous sont rhabillés en 140 caractères. «Il était super-long l’épisode de The Big Bang Theory hier soir et moins marrant que d’habitude», résume @GrandRuthenois en guise de mise en bouche.

«Ça, c’est pour moi»

Pour illustrer la vacuité du programme d’Emmanuel Macron, @PtdArcole énumère ses grandes mesures: «le feu, ça brûle, l’eau, ça mouille, les gentils sont mignons, être méchant ce n’est pas bien». Quant à @lansade, il est toujours à la recherche d’un «interprète Macron-français». Accusé par Marine Le Pen d’être favorable au burkini, le candidat d'En Marche! a lâché une boutade reprise en boucle sur les réseaux: «Je ne vous fais pas parler, je n’ai pas besoin d’un ventriloque.»

«Ça, c’est pour moi»: à chaque attaque, le novice réplique, résigné. «Si tu as bu un shot à chaque fois que Macron a dit qu’il était d’accord avec celui qui parlait juste avant lui, tu es saoul, là», ricane encore @radioRALQ.

Fillon, le passage à confesse

Si l’affaire du #Penelopegate a été très peu abordée, les internautes ne l’ont pas oubliée. «Ce soir, on sent enfin la patte de Penelope Fillon dans le travail de son mari: il est transparent», ricane @padamecour. «Fort en soustraction, moins en addition sauf quand c’est votre argent: punchline de Hamon à Fillon bizarrement passée inaperçue», souligne @HugoTravers.

Le passage à confesse du candidat des Républicains à la fin du débat a retenu l’attention de l’humoriste @Jhonrachid: «J’ai quelques défauts, qui n’en n’a pas? Fillon a lâché ça comme s’il avait volé un Toblerone à Franprix».

Marine, «droguée aux faits divers»

Fidèle à elle-même, Marine Le Pen a déclaré qu’elle ne souhaitait pas «être la vice-chancelière de Madame Merkel». Sur le terrain de la criminalité, Benoît Hamon l’accuse d’être une «droguée aux faits divers». «Désolé, Benoît Hamon, mais l’insécurité est partout! Rien que sur ce plateau, il y a deux mis en examen…» tacle @marcais_olive. 

L’œil aiguisé, @Karim_Boukercha note encore: «Marine Le Pen fait la maligne sur l’immigration et la laïcité et bascule direct en mode avion quand ça parle emploi.» A la présidente du Front national qui déclare aux Français, «je ne ferai rien contre votre volonté», @pornkid objecte: vous êtes «candidate alors que je n’en avais pas envie».

«Quel peuple voulons-nous être?»

A la question inaugurale, «quel président serez-vous?», Benoît Hamon a préféré celle-ci: «quel peuple voulons-nous être?» Comme ce «mec avec qui tu vas boire un verre, à qui tu dis ça va, et qui te dit: «Non, comment TOI tu vas?» juge l’humoriste @KLeM. «Il a plein de bonnes idées pour l’école Benoît Hamon. Il aurait fait un super-ministre de l’Éducation. #OhWait», ajoute, cynique, @OlivierBenis. «Un poil idéaliste ayant du mal à imposer sa voix et ses convictions», estime @Bdbrcq.

«Pudeurs de gazelle»

Doyen de l’assemblée, Jean-Luc Mélenchon se place au-dessus de la mêlée. «Il faut bien qu’il y ait un débat au PS», siffle-t-il après avoir observé ses deux cadets, Macron et Hamon, occupés à s’entre-tuer. «J’ai admiré vos pudeurs de gazelle quand vous dites que la campagne a été polluée par les affaires», lance-t-il encore le grand sage à Fillon.

«Que des grands discours poignants dans le vent, on dirait Patrice Evra», déplore @AlmanzoQ. «Quand Mélenchon parle il regarde droit dans les yeux Marine le Pen on dirait il va utiliser un haki des rois (pouvoir de neutralisation tiré du manga One Piece)», plaisante encore @maria_douc.

Manque de «carapaces»

A gauche, «#Hamon veut tourner la page, #Macron veut changer la couverture et #Mélenchon veut changer de livre», résume @philippeleroyer. «Question pourrir la droite Fillon et Marine s’y prennent très bien. Quant à ta notion de l’exemplarité et tes compétences… hum», ajoute @joe_le_zef. Bilan: «ça manquait de bananes et de carapaces», lâche @GPoPesie. A l’arrivée, le florilège des piques glanées entre les lignes a l’allure du Gorafi, en mieux.

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