Revue de presse

Le grand retour de Bridget Jones, si parfaitement imparfaite

Enceinte, mais de qui? L’héroïne qui craint la solitude plus que tout revient dans «Bridget Jones’s Baby». La première mondiale avait lieu ce lundi soir à Londres. Tapis rose!

Bridget Jones, la plus célèbre des célibataires anglaises incarnée par l’actrice et productrice américaine d’origine helvéto-norvégienne Renée Zellweger, revient au cinéma, quadragénaire et enceinte dans Bridget Jones’s Baby, présenté en avant-première mondiale à Londres lundi soir, douze ans après le précédent opus. Le film sortira le mercredi 5 octobre en Suisse romande. Après Le Journal de Bridget Jones (2001) et Bridget Jones: L’Age de raison (2004), tous deux adaptés des romans best-sellers éponymes de la Britannique Helen Fielding, ce troisième épisode relance bien évidemment la saga cinématographique à succès. En voici la bande-annonce officielle:

En arrivant à l’avant-première, en plein cœur de Londres, dont le Guardian livre une pétulante galerie photographique, la star américaine a laissé entendre sur le tapis rose – clin d’œil à la grossesse de l’héroïne – qu’elle pourrait encore poursuivre l’aventure: «Ce serait intéressant de la voir improviser les prochaines étapes», a confié Renée Zellweger à la BBC. «Si ces mecs-là jouent le jeu», a plaisanté l’actrice en montrant du doigt Colin Firth et Patrick Dempsey (Grey’s Anatomy), ses partenaires à l’écran dans ce dernier opus.


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Les deux premiers volets mettaient en scène une Bridget Jones trentenaire en plein triangle amoureux, qui n’arrivait pas à choisir entre l’avocat séduisant et guindé Mark Darcy, incarné par Colin Firth – «le grand romantique qui […] fait tant craquer» le magazine Marie Claire – et le fringant publicitaire et incorrigible coureur Daniel Cleaver, campé par Hugh Grant.

Par le réalisateur du premier volet

«Bridget Jones’s Baby», réalisé par Sharon Maguire, déjà aux manettes du premier opus, met à nouveau en scène cette héroïne maladroite, malchanceuse et accro au vin blanc qui a désormais 43 ans et est de nouveau célibataire, après avoir rompu avec Mark Darcy. Moins préoccupée qu’avant par son poids et concentrée davantage sur sa carrière, elle est devenue la productrice à succès d’une émission d’actualité. Mais cela ne l’empêche pas de se retrouver seule en pyjama sur son canapé le jour de son anniversaire, à écouter Céline Dion chanter la lancinante «All by Myself», un verre de vin et un cupcake à la main. «When I was young…»:

Plus mature mais toujours fragile, Bridget, qui croit maintenant mieux maîtriser sa vie, va se retrouver à nouveau prise dans une série de péripéties amoureuses. Après avoir passé une nuit avec un bel et richissime Américain, Jack, campé par l’acteur Patrick Dempsey, et une autre avec son ex-amour Mark Darcy, toujours interprété par Colin Firth, elle se retrouve enceinte, ignorant qui est le père de son futur enfant:

Vont s’en suivre moult rebondissements et quiproquos, que le Daily Mail a appréciés mais qui livre une critique mi-figue mi-raisin. Bridget Jones «tient-elle encore la route»? Oui et non, répond le tabloïd britannique, qui trouve le film amusant mais sans surprise. Et le Hollywood Reporter juge que l’actrice est «le maillon faible du film, mais qu’elle est bien entourée». C’est aussi une question d’époque: «Times have changed», et il n’est pas sûr que les problématiques sociales du tout début du millénaire soient encore les mêmes aujourd’hui.

Mais la critique est divisée. Le New York Daily News trouve par exemple le film «hilarant» et Renée Zellweger «délicieuse». De même que le Mirror, qui commence sa «review» par un «Dear Diary»… Coécrit par Helen Fielding, l’actrice Emma Thompson (qui joue également la gynécologue du film!) et le scénariste Dan Mazer (Borat), ce troisième volet, qui sort quinze ans après son début, voit le retour de Renée Zellweger dans son rôle le plus célèbre. «J’adore son humanité», explique-t-elle. «Bridget est éternellement optimiste, modeste et fait preuve d’humour dans l’adversité», ajoute-t-elle dans le dossier de presse du film.

«Elle est parfaitement imparfaite», estime l’actrice oscarisée en 2004 pour son rôle dans Retour à Cold Mountain. Et pour la réalisatrice Sharon Maguire, «on ne peut pas imaginer Bridget sans Renée». Elle «a la capacité d’habiter totalement Bridget», ajoute la cinéaste, pour qui le succès du premier film de la série s’explique notamment «parce que les gens s’identifiaient à la peur de la solitude de Bridget». «C’est une peur universelle, et l’un des thèmes principaux du parcours de ce personnage», souligne-t-elle.

Six ans loin des médias

Mais «souvent attaquée et vivement critiquée sur son visage, passé entre les mains de chirurgiens esthétiques, Renée Zellweger a passé six ans loin des médias, loin des caméras et loin des salles de cinéma, indique Paris Match. Elle disait en avoir ras-le-bol d'«une époque où l’on subit d’énormes pressions sociales, pour agir d’une certaine façon, pour être d’une certaine façon, pour faire les choses qu’on attend de nous à chaque période de nos vies». Des standards auxquels elle «ne répond pas non plus»: «A 47 ans, elle n’est pas maman, et alors?» Interrogée sur ses envies de maternité en marge de la promo du film, elle a expliqué à des médias comme TF1/LCI «n’y avoir jamais trop pensé». Le tournage n’aurait pas développé son instinct maternel: «Ces petits gars sont lourds, bravo aux mamans!»

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Alors, comme il n’y a pas de petit profit, une célèbre «chaîne de fleuristes a eu l’amusante idée de créer un bouquet à l’image de l’héroïne», lit-on dans Le Parisien: «Des roses, des fleurs violettes et blanches et surtout des plantes déjà cassées», comme elle «l’avait déjà abîmé elle-même»… Et «Bridget c’est aussi un grain de folie, ici représentée par les callas et le feuillage, synonyme du caractère affirmé et un peu perché», s’amuse Mickaël Rault, le créateur du bouquet, lauréat du concours mondial des fleuristes 2015.

Des fleurs aux tiges cassées comme sommet du bon goût, il fallait y penser.

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