Le Brexit est devenu un spectacle aussi palpitant que les meilleurs films de suspense. Theresa May et Boris Johnson ont utilisé la menace d’une sortie de l’UE sans accord pour essayer (sans succès) d’obtenir des concessions de la part des Européens. Ceux-ci, de leur côté, utilisent cette menace pour atteindre l’opinion publique britannique. Des rapports officiels décrivent les queues de camions sans fin des deux côtés de la Manche, des pénuries de médicaments et même de vivres.

Pas d’accord, pas de transition

Il est possible qu’une sortie de l’UE sans accord soit suivie de sérieuses perturbations, mais c’est peu probable ou ça ne devrait pas durer. Même si toute l’aventure a un côté surréaliste, les gouvernements sont bien plus rationnels qu’ils n’en ont l’air à première vue. Ces fameux accords concernent uniquement la question du divorce: quelles sont les conditions de la sortie de la Grande-Bretagne – qui habitera où et comment partager les frais engagés? Les négociations sur les futures relations – qui s’occupera des enfants? – débuteront après la sortie. C’était une exigence des Européens. Comme cette approche crée un hiatus dès le soir où le Brexit aura lieu, les accords – que le parlement britannique a rejetés – prévoient une période de transition de presque deux ans pour négocier les relations après le divorce. Durant cette période, les échanges commerciaux et financiers avec la Grande-Bretagne tout comme les mouvements des personnes resteront ceux qui existent aujourd’hui. La vraie sortie aura lieu une fois ces négociations terminées. Mais que se passera-t-il si la Grande-Bretagne sort sans accord le 31 octobre, l’un des scénarios les plus plausibles et celui que Boris Johnson semble préférer?