Incidences

La grande collusion dénoncée par les Etats-Unis…

OPINION. Quelle est la réalité du rapprochement entre la Chine et la Russie qui s’est accéléré depuis la prise de pouvoir de Xi Jinping en 2013? s’interroge notre chroniqueur François Nordmann

Quelle est la réalité du rapprochement entre la Chine et la Russie qui s’est accéléré depuis la prise de pouvoir de Xi Jinping en 2013? Les experts sont divisés sur la question. Certains y voient une simple façade, un mariage de raison qui est forcément limité dans le temps. Le général Mattis, qui vient de quitter son poste de ministre de la Défense américain, parlait d’une «non-convergence naturelle» des intérêts russes et chinois. De part et d’autre, la méfiance, les soupçons et le ressentiment aux racines ataviques ont semblé longtemps insurmontables.

Sans remonter jusqu’à Gengis Khan, l’histoire des relations sino-russes est celle des conquêtes, guerres et rivalités de deux empires voisins. Staline, allié de Tchang Kaï-chek, avait une attitude condescendante à l’égard du parti communiste chinois, au point d’humilier Mao Tsé-toung lors de sa première visite à Moscou au lendemain de la révolution de 1949. A la normalisation des années cinquante succéda le grand schisme: incidents frontaliers, puis dès 1960, retrait de l’aide économique et des conseillers soviétiques. Moscou avait refusé d’assister Pékin dans la construction de l’arme atomique. Nixon a su en profiter en allant rencontrer Mao en 1972, ouvrant ainsi une ère de détente entre les Etats-Unis et la Chine et prenant l’URSS à revers. Qu’en est-il maintenant?