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Eric Hoesli, le premier rédacteur en chef du «Temps», avec le premier numéro du journal en mains, le 19 mars 1998.
© Daniel Winteregg

La vie à 30 ans

Grandir avec «Le Temps»

OPINION. Ça compte, un journal, dans une famille. Notre chroniqueuse raconte comment elle a vécu, encore enfant, la naissance de ce quotidien. Puis comment celui-ci a accompagné sa vie de jeune adulte

Je me souviens bien de ce journal violet que ma mère aimait beaucoup, parfois insolent disait-elle, et de l’annonce de sa fin prochaine. J’avais 11 ans, et mes parents nous avaient fait voter pour le nom du quotidien qui allait naître de la fusion. J’aimais l’idée de pousser la logique un peu plus loin, avec les titres de chacun d’entre eux, Le Nouveau Quotidien et le Journal de Genève.

Ça aurait donné: Le Quotidien de Genève ou Le Nouveau Journal. Mais aucun des deux ne me plaisait, surtout le second qui, me disais-je, ne serait déjà plus nouveau dès le deuxième numéro. On s’était mis d’accord sur Le Temps et déjà, on faisait des jeux de mots en se disant que «le temps de le lire», on aurait lu Le Temps, des choses comme ça.

«On a affirmé, on s’est trompés»

Le 18 mars 1998, ce journal naissait. Il était bordeaux, chic, on le trouvait beau et nous l’avons tout de suite adopté. Ça compte, un journal, dans une famille. Ce n’est pas qu’une feuille d’information, ça nourrit des discussions. On a appris à la fois à découvrir et à critiquer, à écouter les positions et à définir les siennes. Autour de la table familiale, on a bataillé, les jeunes contre les plus âgés, sur le mariage gay ou sur la légalisation des drogues. On a affirmé, on s’est trompés, on a appris, on a changé. Avec le temps, avec «Le Temps», on a grandi.

Finalement, c’est un beau nom, Le Temps. Il marque l’instant et, à la fois, se place dans la durée, dans le mûrissement. Le Monde est né avec la libération de 1945; Libération du foisonnement d’idées de la révolution de Mai 68; El País a accompagné la création de l’Espagne démocratique. Le Temps, depuis vingt ans, est le reflet d’une Suisse en phase de globalisation. Il se veut le porte-voix de Romands ouverts, critiques et innovants.

«A 20 ans, la beauté est une évidence»

J’ai vécu les 120 ans du Journal de Morges, où je travaillais auparavant, et c’était une magie de se replonger dans le vertige de cette longue histoire, qui racontait à la fois l’entreprise de cette petite ville et la vie de ses habitants. Je reste émerveillée par le spectacle qu’avait organisé 24 heures pour ses 250 bougies. Un quart de millénaire, est-ce qu’on se rend compte du trésor d’idées et d’aventures que cela représente? Ce journal-ci est encore jeune. A 20 ans, la beauté est une évidence, la fougue du jeune âge rend les paris sur l’avenir excitants, les possibilités sont infinies. Le Temps a de beaux jours devant lui.


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