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Partir seule en vacances, c’est possible.
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L’été meurtrier

Grands voyages et petite vertu

Notre chroniqueuse raconte ses galères et ses couacs de la belle saison. Comme sa rencontre avec un homme dans un hôtel grec

«Avec les collègues, on se demandait si tu étais une prostituée.» Le garçon de mon hôtel grec avec qui j’avais accepté de partager un café était gentil, mais rustre. Cet été-là, je voyageais seule pour la première fois. J’avais mis longtemps à sauter le pas, après une discussion avec une collègue vantant ses pérégrinations solitaires en Amérique latine. Moins audacieuse, j’avais atterri en Grèce. Et jamais autant joui de l’univers ni de belles rencontres. Et voilà qu’on me suspectait.

Casser le mythe

L’historien Sylvain Venayre raconte les motifs d’illégitimité du voyage féminin au XIXe siècle, quand certaines se rebiffent contre leur statut «d’ange du foyer» et partent sillonner les routes. Beaucoup en tirent des récits d’observation, mais trouvent peu d’éditeurs, la description scientifique demeurant alors une affaire masculine. D’autres comme Jeanne Barret ou Isabelle Eberhardt se déguisent en homme. C’est que résider dans un hôtel sans chaperon sied peu à la vertu d’une dame: quand on ne la soupçonne pas de courir les gains, elle est une proie facile, et des féministes telle Flora Tristan s’en indignent.

Lire aussi: Isabelle Eberhardt: aventurière au pays des sables

Sur ce port grec, j’ai insisté pour payer son café au garçon de l’hôtel, avant de repartir jouir de mon autonomie. Je n’ai rien contre les prostituées, au contraire, c’est même une affaire de famille. Il paraît qu’une de mes arrière-grands-mères sillonnait l’Europe, en demi-mondaine. En Thaïlande, dans les bars, j’ai aussi passé du temps à jouer avec certaines au backgammon, me désolant de la grossièreté des Européens à leur égard. Un jour, un camarade rentré de Phuket a lancé que la prostitution était «culturelle, pour elles». J’ai suggéré qu’il leur offre son job grassement rémunéré dans le marketing, pour voir si elles voulaient encore masser ses bourrelets. A mon avis, beaucoup en profiteraient même pour tailler la route en solitaire. Ravies d’offrir son café à un rustre, pour mieux s’en débarrasser.

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© Gabioud Simon (gam)