En tant qu'Européens soucieux de promouvoir le droit international, la paix et la sécurité dans le monde, nous exprimons notre profonde inquiétude face au plan du président Trump pour le Moyen-Orient, intitulé «De la paix à la prospérité».

Ce plan est en contradiction avec les paramètres convenus au niveau international pour le processus de paix au Moyen-Orient, les résolutions pertinentes des Nations unies, notamment la résolution 2334 du Conseil de sécurité, et les principes les plus fondamentaux du droit international. Au lieu de promouvoir la paix, il risque d'alimenter le conflit - au détriment des civils israéliens et palestiniens et avec de graves implications pour la Jordanie et la région au sens large. Il a suscité une opposition généralisée dans la région, en Europe et aux États-Unis.

Activités illégales de colonisation

Le plan permet l'annexion de parties importantes et vitales du territoire palestinien occupé. Il légitime et encourage les activités illégales de colonisation israélienne. Il ne reconnaît que les revendications d'une seule des parties sur Jérusalem et n'offre aucune solution équitable à la question des réfugiés palestiniens. Il projette un futur «État» palestinien sans contrôle et sans souveraineté sur son territoire fragmenté. La carte figurant dans le plan propose des enclaves palestiniennes sous contrôle militaire israélien permanent, qui évoquent des ressemblances effrayantes avec les bantoustans sud-africains.

La communauté internationale, en particulier l'Union européenne, doit empêcher qu'un tel scénario ne se produise

«De la paix à la prospérité» n'est pas une feuille de route pour une solution viable à deux États, ni pour toute autre solution légitime au conflit. Le plan envisage une formalisation de la réalité actuelle dans le territoire palestinien occupé, dans lequel deux peuples vivent côte à côte sans droits égaux. Un tel résultat présente des caractéristiques similaires à celles de l'apartheid - un terme que nous n'utilisons pas à la légère.

La communauté internationale, en particulier l'Union européenne, doit empêcher qu'un tel scénario ne se produise, afin de préserver la dignité et les droits des Palestiniens, l'avenir de la démocratie israélienne et plus largement un ordre international fondé sur des règles.

Préserver ainsi l'ordre international

Nous nous félicitons de la déclaration du Haut représentant de l'UE, Josep Borrell, soulignant l'engagement continu de l'UE en faveur d'une solution à deux États, fondée sur les frontières de 1967, conformément aux paramètres internationaux. Nous partageons pleinement l'avis de l'UE selon lequel les «mesures d'annexion israéliennes, si elles sont mises en œuvre, ne peuvent pas passer sans conséquences», car elles porteraient atteinte à la norme internationale fondamentale interdisant l'acquisition de territoire par la force.

Compte tenu de l'urgence de la situation, nous appelons l'Europe à rejeter le plan américain comme base de négociation et à prendre des mesures immédiates et efficaces pour contrer la menace d'annexion - et préserver ainsi l'ordre international fondé sur des règles.


Les signataires

  • Douglas Alexander, ancien ministre d'État pour l'Europe et secrétaire d'État au développement international, Royaume-Uni
  • Ben Bradshaw, ancien ministre d'État pour le Moyen-Orient, Royaume-Uni
  • Gro Harlem Brundtland, ancien premier ministre, Norvège
  • John Bruton, ancien premier ministre, Irlande
  • Micheline Calmy-Rey, ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente, Suisse
  • Ingvar Carlsson, ancien premier ministre, Suède
  • Włodzimierz Cimoszewicz, ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre, Pologne
  • Daniel Cohn-Bendit, ancien coprésident du groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen, Allemagne
  • Joe Costello, ancien ministre d'État pour le Commerce et le développement et président de la commission des affaires européennes, Irlande
  • Willy Claes, ancien ministre des Affaires étrangères et secrétaire général de l'OTAN, Belgique
  • Massimo d'Alema, ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre, Italie
  • Teresa Patrício de Gouveia, ancienne ministre des Affaires étrangères, Portugal
  • Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre, France
  • Ruth Dreifuss, ancienne présidente, Suisse
  • Alan Duncan, ancien ministre d'État pour l'Europe et les Amériques et ministre d'État pour le développement international, Royaume-Uni
  • Espen Barth Eide, ancien ministre des Affaires étrangères, Norvège
  • Jan Eliasson, ancien ministre des Affaires étrangères et président de l'Assemblée générale des Nations unies, Suède
  • Uffe Ellemann-Jensen, ancien ministre des Affaires étrangères et président des libéraux européens, Danemark
  • Benita Ferrero-Waldner, ancienne ministre des Affaires étrangères et commissaire européenne aux relations extérieures, Autriche
  • Sigmar Gabriel, ancien ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier, Allemagne
  • Peter Hain, ancien ministre d'État pour le Moyen-Orient, Royaume-Uni
  • Lena Hjelm-Wallén, ancienne ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Suède
  • Trinidad Jiménez, ancienne ministre des Affaires étrangères, Espagne
  • Tom Kitt, ancien ministre d'État pour le développement d'outre-mer et les droits de l'homme, Irlande
  • Bert Koenders, ancien ministre des Affaires étrangères, Pays-Bas
  • Martin Liedegaard, ancien ministre des Affaires étrangères, Danemark
  • Mogens Lykketoft, ancien ministre des Affaires étrangères et président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Danemark
  • Sven Mikser, ancien ministre des Affaires étrangères, Estonie
  • Per Stig Møller, ancien ministre des Affaires étrangères, Danemark
  • Holger K. Nielsen, ancien ministre des Affaires étrangères, Danemark
  • Andrzej Olechowski, ancien ministre des Affaires étrangères, Pologne
  • Marc Otte, ancien représentant spécial de l'UE pour le processus de paix au Moyen-Orient, Belgique
  • Chris Patten, ancien vice-président de la Commission européenne, Royaume-Uni
  • Hans-Gert Pöttering, ancien président du Parlement européen, Allemagne
  • Jacques Poos, ancien ministre des Affaires étrangères, Luxembourg
  • Vesna Pusić, ancienne ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Croatie
  • Mary Robinson, ancienne présidente et Haute Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Irlande
  • Jacques Santer, ancien premier ministre et président de la Commission européenne, Luxembourg
  • Karel Schwarzenberg, ancien ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre, République tchèque
  • Robert Serry, ancien coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Pays-Bas
  • Javier Solana, ancien ministre des Affaires étrangères, secrétaire général de l'OTAN et haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Espagne
  • Michael Spindelegger, ancien ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier, Autriche
  • Jack Straw, ancien ministre des Affaires étrangères, Royaume-Uni
  • Gareth Thomas, ancien ministre d'État pour le développement international, Royaume-Uni
  • Erkki Tuomioja, ancien ministre des Affaires étrangères, Finlande
  • Ivo Vajgl, ancien ministre des Affaires étrangères, Slovénie
  • Jozias van Aartsen, ancien ministre des Affaires étrangères, Pays-Bas
  • Frank Vandenbroucke, ancien ministre des Affaires étrangères, Belgique
  • Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, France
  • Sayeeda Warsi, ancienne ministre du cabinet et du ministère des affaires étrangères pour les Nations Unies, les droits de l'homme et la CPI, Royaume-Uni.

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