Les finances publiques grecques sont dans un état lamentable, et le premier ministre grec, Georges Papandréou, veut les assainir. Le nouveau train de mesures d’austérité qu’il a annoncé mercredi a été salué à tous les étages, à Bruxelles, à Paris et à Berlin. Et même par les marchés financiers. La population grecque protestera, mais elle se serrera la ceinture.

La tragédie grecque n’est pas terminée pour autant. Athènes a toujours besoin de 53 milliards d’euros pour honorer ses engagements en 2010. Tout l’enjeu est là: cette manne doit encore venir.

La Grèce a le choix de lever cette somme sur le marché, mais il n’est pas dit que celui-ci ne réclame pas un taux d’intérêt exorbitant. Sa dernière émission obligataire a été un succès, mais à 6,5%, contre le taux courant d’environ 2,5%.

Georges Papandréou a fait sa part en décidant de prendre des mesures aussi douloureuses que de geler les pensions de retraités et de couper dans les salaires. Il mendie aussi la bonne volonté de ses compatriotes pour contribuer à un fonds destiné à la réduction de la dette qui est de 300 milliards d’euros.

Il vient en réalité d’acculer l’Europe à faire sa part. Georges Papandréou a montré la couleur. Si Bruxelles ne fait rien, il s’en ira frapper à la porte du Fonds monétaire international (FMI). Il ira l’expliquer à Berlin ce vendredi, et à Paris ce week-end.

Les Européens n’aiment pas cette perspective. Apparemment, ce serait politiquement et psychologiquement inacceptable de faire appel à cette institution mal aimée.

Mais l’Europe a ses limites. Les grands pays, l’Allemagne et la France en particulier, savent que la Grèce n’est pas la seule dans le rouge. Les comptes de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal sont tout aussi désastreux.

La porte de sortie se trouve-t-elle dans l’idée mise en avant par Michel Camdessus? Cet ancien directeur du FMI souhaite que la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement fusionnent dans une sorte de Fonds monétaire européen, un prêteur de dernier recours.

L’Europe ne doit, en aucun cas, laisser pourrir la crise grecque. Elle doit aussi empêcher la contagion. Si elle n’assume pas cette responsabilité, elle mettra en péril la reprise de l’économie mondiale qui se dessine timidement.