L’Etat de droit, c’est pour les autres. La gauche – dont les Verts font partie – entretient avec les documents confidentiels et les secrets relevant de la sphère privée ou commerciale un rapport psychiatriquement paradoxal.

D’un côté, il faut empêcher les services de renseignement de s’immiscer chez des prétendus terroristes pour les surveiller sous prétexte de leur sphère privée, de l’autre il faut mettre le citoyen honnête à nu face à l’administration en lui transmettant l’intégralité des informations sur son domicile financier: les relevés de son compte bancaire.

Criminalité de masse

Ajoutant le forfait à l’incongru, voici qu’un bras armé de la gauche, Greenpeace – une ONG financée par des bobos en quête de blanchiment de conscience –, se lance dans la criminalité de masse.

Cette association, adepte des nobles causes poissonnières, dérape complètement en incitant publiquement les employés de la centrale nucléaire de Beznau à lui livrer (à elle et non aux autorités, dont elle se méfie sauf lorsqu’il s’agit d’obtenir du législateur le droit de recourir contre tout et n’importe quoi) des documents en lien avec la sécurité de la centrale.

L’Etat de droit c’est pour les autres: d’un côté Greenpeace se drape de la vertu du protecteur de l’environnement en utilisant les moyens que la loi met à sa disposition, de l’autre elle appelle à la violation des lois lorsque celles-ci ne lui conviennent pas. Le tout pour satisfaire son intérêt privé, puisqu’elle entend être la seule bénéficiaire de ce «whistleblowing» (anglicisme consistant à cacher ses turpitudes et le dessein d’enrichissement qui les anime derrière de nobles principes).

Des crimes au sens du code pénal

Il faut donc rappeler quelques principes juridiques qui s’appliquent à toute personne, qu'elle s'appelle Paix verte, Notre Helvétie ou encore Jouet (de) Weber. En vertu du code pénal, un employé qui s’approprie des documents à lui confiés par son employeur dans son activité professionnelle ou encore qui les vole commet dans un abus de confiance dans un cas, un vol dans l’autre.

Dans les deux cas, ce sont des crimes au sens du code pénal, c’est-à-dire des infractions punissables de cinq ans de prison. Et quel sort la loi réserve-t-elle à celui qui incite l’auteur de l’infraction à la commettre? Il vaut la peine de citer intégralement la disposition pénale qui réprime l’instigation: «(1) Quiconque a intentionnellement décidé autrui à commettre un crime ou un délit encourt, si l’infraction a été commise, la peine applicable à l’auteur de cette infraction. (2) Quiconque a tenté de décider autrui à commettre un crime encourt la peine prévue pour la tentative de cette infraction.»

On le voit, s’affranchir des règles de notre Etat de droit en instiguant autrui à commettre un crime a un prix et il est particulièrement lourd, ce qui ne choque pas, car inciter au crime est un crime, que l’infraction soit achevée ou non.

Il faut que des poursuites judiciaires soient déclenchées

Il serait dès lors conforme à la loi qu’un Ministère public se saisisse de l’affaire et poursuive ceux qui, au sein de l’association, se sont livrés à l’appel au crime.

Ce ne serait que justice, puisque Greenpeace s’assied sur nos institutions, au nombre desquelles l’inspection fédérale de la sécurité nucléaire, que d'ailleurs l'organisation n’invite pas les employés de Beznau à saisir.

Vautrée dans le totalitarisme, Greenpeace croit détenir la vérité et quiconque se met en travers de sa route est forcément dans l’erreur, ce qui justifie, selon elle, que l’on foule aux pieds les autorités en place.

Bref, Greenpeace veut former une armée de petits Falciani (dont on rappelle qu’il a été condamné à 5 ans de prison) dans chacune de nos centrales. Quand une association appelle au crime, elle poursuit un but illicite et doit être dissoute. Ce ne sont pas les centrales qu’il faut fermer, mais Greenpeace, pour cause de grave défaillance.


Lire le point de vue opposé d’Isabelle Chevalley: «Greenpeace pousse les employés de Beznau à la délation: légitime défense du peuple suisse»