Chers lecteurs. J’ai rencontré un problème principal pour rédiger notre article sur les engagements climatiques des grandes entreprises internationales: le trop-plein d’informations.

Faire des recherches sur la volonté affichée des multinationales de mieux préserver l’environnement, c’est se noyer sous les annonces, les communiqués de presse et les initiatives dont le nom est décliné en acronyme.

Cette année comme jamais auparavant, les grands noms de l’économie mondiale ont multiplié les promesses d’amélioration. Affirmer que celles-ci se comptent par centaines ne serait pas exagéré.

Dans la conception de cet article, deux questions se sont rapidement posées. D’abord, comme dit plus haut, comment faire le tri parmi tous ces messages? Ensuite, comment vérifier que les efforts promis sont et seront véritablement fournis? La question est légitime parce que, pour l’instant, les statistiques nous montrent que ni les émissions de CO2, ni la déforestation, ni la production de plastique ne diminuent.

A consulter: Notre page spéciale consacrée à l’urgence climatique

La réponse à cette deuxième question est difficile à obtenir. Nous parlons ici d’entreprises disséminées dans 10, 20, 50, 150 pays. Elles ont des installations, des sites de production et des chaînes d’approvisionnement qui leur sont propres ou qu’elles ont externalisés. Ou les deux à la fois. Et c’est compter sans leur peur du vide. Comment renoncer à des activités qui, depuis des décennies, alimentent leur chiffre d’affaires? Comment repenser en profondeur les processus internes et les circuits de distribution?

Le gros du travail reste à faire

Ces interrogations, vertigineuses, valent pour les multinationales qui se sont vraiment lancées dans une transition plus respectueuse de l’environnement. Car oui, il y en a. Même si elles sont encore minoritaires. Le gros du travail reste à faire. Et pour y parvenir, la pression du grand public et le travail de questionnement et de vérification des médias restent essentiels.

Ainsi, ces derniers mois, une petite équipe de la rédaction a consacré du temps à imaginer et à élaborer un manuel du greenwashing. A travers sept questions somme toute basiques, cet outil nous aidera à décider quel traitement nous pouvons, ou pas, apporter à une communication économique, scientifique ou institutionnelle dont on soupçonne qu’elle repose sur la pratique consistant à user de l’argument écologique pour améliorer son image.

A lire: notre manuel du greenwashing

Vous serez peut-être tentés de considérer que cela relève de notre cuisine interne. Mais relevez aussi que c’est d’une importance capitale. A l’heure où la transition écologique, de gré ou de force, s’accélère véritablement, nous, journalistes et relayeurs d’informations au plus proche de la vérité, nous ne pouvons plus nous contenter de promesses vertes. Et vous non plus d’ailleurs.