Si Greta Thunberg n’existait pas, de quoi aurait-on parlé cette année? Un peu plus d’impeachment, un peu plus du rôle des femmes, de guerre commerciale, de Brexit ou de grèves. Et sans doute un peu moins de climat, comme on l’a beaucoup fait lors des élections fédérales. 2019 marque l’irruption sur la scène mondiale d’une enfant de 16 ans qui, par sa seule force de conviction, fait bouger les fronts. Et rien n’indique qu’elle disparaîtra aussi vite qu’elle s’est imposée.

Il n’y a pas de précédent à ce phénomène. Rares sont les individus qui, par leur seule volonté, influent sur le cours des choses. On pense à un Gandhi ou un Mandela. Mais c’étaient des hommes d’expérience (des avocats), arrimés à des organisations politiques. Greta Thunberg est une adolescente solitaire sortie de nulle part qui a décidé un beau jour d’août de faire la grève pour le climat. Quelques mois plus tard, elle mobilisait des centaines de milliers de personnes à travers le monde (surtout occidental, il est vrai) et se voyait invitée par le pape et dans tous les grands forums pour délivrer son message, qui ne nous apprend rien.