Conférence de conciliation

De Greta Thunberg ou de ses détracteurs, qui a le plus peur?

OPINION. Les canicules ont échauffé les esprits. Alors que l’urgence climatique battait de nouveaux records, une déferlante de propos acerbes s’abattait sur la jeune Suédoise. Sans filtre et décomplexés, ne seraient-ils pas le signe d’une peur profonde du changement de modèle?

«Eco-morveuse», «gourou apocalyptique», «prophétesse en culottes courtes», «une enfant fragile» dont le programme «aggraverait le réchauffement climatique», une représentante d’un «paradigme ascétique» faisant du «populisme à la Trump». Mais qui est cet être à la puissance spectaculaire, faisant trembler des philosophes, des élus de l’Assemblée nationale française ou encore Oskar Freysinger?


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Greta Thunberg. Une jeune fille de 16 ans, atteinte du syndrome d’Asperger. Une jeune fille qui a lu les rapports d’experts internationaux sur le climat. Une jeune fille au visage impassible, dont l’innocence désarçonne. Car derrière ces traits on ne distingue aucune arrière-pensée, aucun intérêt obscur, aucun attrait du pouvoir. Juste un état: l’effarement.

Comment les adultes, nos autorités, peuvent-ils être au courant de cette urgence qui menace nos conditions de vie sur terre sans en faire leur priorité numéro 1? Pourquoi courir derrière un modèle qui met en péril nos sociétés? La lucidité de Greta Thunberg est cristalline, et c’est probablement ce qui les rend fous. Car ces mauvaises langues ont beau se creuser la tête pour trouver la formule la plus acide, la sincérité de Greta l’annule. Elle désamorce la vilenie. Ce doit être rageant!

Déterminée à agir

Ils ont gravi les échelons du pouvoir, occupent des places importantes, ont leur auditoire. Mais ils sont si petits, à côté de Greta. Elle qui ne paie pas de mine, ne correspond pas aux canons de notre société, a fait descendre des millions de gens dans la rue. «Elle joue sur les peurs et l’émotion», rétorquent-ils. Et si son secret, c’était justement qu’elle ne jouait pas, contrairement aux épris de pouvoir? Car la peur, chez elle, je ne la vois pas. Face aux défis, elle est déterminée à agir. Loin d’être pétrifiée, elle avance avec courage.

Par contre, la peur est palpable chez ses détracteurs. Ce qui semble se jouer, c’est leur avenir à eux, occupant des rôles privilégiés dans des pays privilégiés. Une peur profonde du changement, d’un renversement des rapports de force, car on redéfinirait ce qui est considéré comme la réussite ou la prospérité. Et peut-être que ce que révèle Greta Thunberg, c’est justement la rivalité et la violence qui caractérisent notre société. Et ne serait-ce que pour ça, on a furieusement envie de la suivre.


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