Editorial

Grippe A (H1N1): Vigilance et sang-froid

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donc sauté le pas. Après plusieurs semaines d’atermoiements, elle a décidé de déclarer la grippe A(H1N1) première pandémie du XXIe siècle. Meilleure façon pour elle d’appeler la communauté internationale à une mobilisation générale redoublée contre la maladie apparue au Mexique en avril dernier.

Comment l’OMS en est-elle arrivée là? Pour décréter le passage à un niveau d’alerte 6 et donc l’existence d’une pandémie, elle s’est basée sur deux réalités. La première, connue depuis deux mois, est l’existence d’un nouveau sous-type de virus, soit d’un agent pathogène contre lequel l’homme n’a pas eu l’occasion de développer de défense. La seconde, qui s’est imposée comme une évidence ces dernières semaines, est la présence de foyers de propagation de la maladie dans plus d’une région du monde, ce qui trahit une forte contagiosité.

Une pandémie représente un risque sanitaire sérieux. Mais un risque seulement. Pour que la maladie se transforme en grande faucheuse, deux autres conditions doivent être réunies: elle doit être virulente et l’humanité doit être désarmée. Or, son «taux de mortalité» a été faible jusqu’ici, puisqu’il se situe, à l’instar des grippes saisonnières, à hauteur de 0,5%. Le problème est que les virus mutent constamment et que celui-ci est susceptible de devenir plus dangereux. Il est par conséquent vital que la quatrième condition ne soit pas remplie, à savoir que la maladie n’affronte pas une humanité désarmée.

Un effort est dès lors nécessaire. La probabilité que le virus devienne plus virulent ces prochains mois est limitée. Mais le drame que représenterait un tel développement justifie amplement l’application du principe de précaution. Le tout sera de trouver le bon dosage entre les mesures à prendre pour limiter le danger et les gestes à éviter pour ne pas nuire exagérément à l’activité économique ou à la qualité de vie du citoyen ordinaire. Pour mener l’exercice à bien dans un contexte de grande incertitude, il faudra de la vigilance mais aussi du sang-froid.

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