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La (petite) belle et la bête.
© Warner Bros.

(in)culture

A gros requin, gros budget

Sur les écrans depuis mercredi dernier, «En eaux troubles» est une sympathique série B avec un gros requin préhistorique vénère. Une série B qui a quand même coûté 150 millions de dollars

Sont visibles dans les salles deux films découverts à Cannes, deux films admirés par la critique: l’ultra-rythmé BlacKkKlansman, qui voit l’Américain Spike Lee signer son grand retour, et le lent et méditatif Poirier sauvage, du Turc Nuri Bilge Ceylan, heureux lauréat il y a quatre ans d’une Palme d'or. Deux films qui, malgré leur approche esthétique et narrative radicalement différente, sont porteurs d’un discours politique et social.

Au milieu de ces deux longs métrages qui répondent parfaitement aux critères de la politique des auteurs, un mégalodon… Sorti le même jour, En eaux troubles est un blockbuster ressuscitant un requin préhistorique, et il est sans grande surprise détesté par la presse. Reste que moi, je l’apprécie. Ce divertissement m’a diverti, j’ai cru à sa pseudo-explication scientifique, j’ai aimé l’équilibre entre les scènes d’action et un humour un brin crétin et, surtout, j’ai aimé que le mégalodon surgi du Pilocène se fasse souvent invisible.

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En eaux troubles n’a pas la profondeur philosophique du récent deuxième volet de la franchise Jurassic World, ni sa beauté plastique, mais j’y ai néanmoins perçu de beaux moments, comme cette scène où le gros poisson aux grosses dents scrute une petite fille à travers la vitre d’une station sous-marine. Il y a dans ce film un côté série B qui ne m’a pas déplu, à l’inverse du boursoufflé Rampage – Hors de contrôle, autre film de monstre récent qui, lui, était d’une belle crétinerie et se prenait souvent au sérieux. Une année après les désespérants Baywatch et Transformers 5, ce blockbuster estival a comme atout son honnêteté, dans le sens où il ne prétend pas être ce qu’il n’est pas.

Après l’avoir écrit dans Le Temps, j’ai répété à l’antenne de Vertigo, l’émission culturelle de La Première, mon penchant pour le film. Face à deux consœurs circonspectes et un animateur amusé, j’ai assumé. Une série B qui a coûté la coquette somme de 150 millions de dollars, n’est-ce pas là un oxymore, m’a-t-on dit? Assurément. Mais au-delà du fait que j’aime bien les figures de style – même si je ne vous dirai pas que je préfère la prétérition –, pourquoi ne pourrait-on pas produire des films ayant le côté parfois ringard et mal ficelé d’une série B, tout en y mettant les moyens?

Coproduit par les Etats-Unis et la Chine, En eaux troubles a déjà rapporté plus du double de sa mise de départ. Le cinéma étant aussi une industrie, son but reste de générer de l’argent. Pari gagné, donc. Et j’ai toujours la naïveté de penser que lorsqu’un producteur gagne beaucoup d’argent avec un film facile, il va peut-être en réinvestir une partie dans un film plus difficile. Des fois, c’est le cas.


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