Que signifie la guerre d’Algérie pour la génération Macron? En rallumant la controverse à propos des crimes coloniaux de la France à son retour d’Israël – au risque d’être accusé d’établir une comparaison plus que douteuse avec la «shoah», ce que l’Elysée a aussitôt démenti, répétant que l’extermination des juifs est «un crime absolu qui ne peut être comparé à aucun autre» – le président français a apporté une réponse claire à cette question. Ce conflit-là est, pour lui, une parenthèse à refermer. Parce qu’il en va de la vie de la nation républicaine, toujours empoisonnée par cet encombrant passé que l’indépendance algérienne, acquise dans la foulée des Accords d’Evian du 19 mars 1962, n’a absolument pas soldé. Parce qu’il en va surtout, selon le chef de l’Etat français, de l’intégration des 2 millions de bi-nationaux franco-algériens, et des 2 millions d’Algériens qui résident dans l’Hexagone.

Enseigner l'histoire avec lucidité

C’est cette même conviction qui, en février 2017 avait conduit Emmanuel Macron à qualifier la colonisation de «crime contre l’humanité» et de «vraie barbarie» lors d’une visite… en Algérie. Une flopée d’historiens et de commentateurs étaient alors tombés à bras raccourcis sur ce jeune candidat, présumé ignorant du passé et de la grande œuvre coloniale. Mais ni les uns ni les autres ne l’ont convaincu. Pour ce président né en décembre 1977, cette histoire-là doit être aujourd’hui enseignée avec lucidité sur son côté obscur.