Après l’annonce du retrait russe de Kherson il y a dix jours, les analystes se montraient unanimes. Il s’agissait d’une défaite cuisante des Russes, d’un tournant décisif dans le conflit, d’un signe encourageant avant l’hiver, d’un camouflet pour Poutine et d’une victoire pour l’Ukraine. Volodymyr Zelensky affirmait même que cela marquait «le début de la fin de la guerre». Quelques jours après, on pencherait plutôt pour un repli stratégique des Russes le long de la rive orientale du Dniepr, effectué dans le calme, pour mieux défendre leurs positions et surveiller l’armée ukrainienne. Faute d’en savoir plus, il est en tout cas flagrant que le discours international a changé rapidement et que l’optimisme s’est tempéré.