Le doute s’insinue autour de la gestion de son département par Guy Parmelin. Le conseiller fédéral multiplie les annonces depuis une année qu’il est en fonction: suspension d’un projet d’acquisition devisé à 700 millions de francs, suspension du médecin en chef de l’armée, mise à plat du projet d’achat d’avions de combat, etc. Vu comme une manière de faire le ménage, d’insinuer davantage de politique dans son département, ce style, flanqué de la bonhomie du personnage, rencontre une certaine sympathie auprès du public et de la presse. En plus, par ses efforts de transparence et de communication, l’UDC vaudois détonne par rapport à son prédecesseur Ueli Maurer. Mais il témoigne aussi d’une forme de précipitation et de défiance envers ses cadres qui commence à inquiéter.

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C’est que Guy Parmelin a une certaine tendance à agir en deux temps: d’abord en annonçant des décisions chocs, puis en ouvrant des enquêtes administratives qui doivent prouver qu’il avait raison de prendre ces fameuses décisions chocs.

Pour l’heure, le bénéfice du doute profite à Guy Parmelin. Le travail des Commissions de gestion du Parlement qui publieront ces prochains jours un rapport sur l’une de ces annonces couperet de l’UDC aura néanmoins un impact certain. Le souci de transparence du Vaudois témoigne-t-il d’une réelle volonté politique de faire bouger les choses ou cache-t-elle un désarroi total? Fait-il preuve de poigne et de sens des responsabilités lorsqu’il décide de suspendre des projets devisés à des centaines de millions de francs ou ne fait-il que tirer la prise parce qu’il craint une quelconque erreur qui pourrait le salir? Le rapport donnera un embryon de réponse.

Mais il faudra encore attendre quelques mois pour savoir laquelle des deux lectures est véritablement la bonne. Cela déterminera directement l’avenir de Guy Parmelin au sein du Conseil fédéral. L’UDC vaudois n’a jamais fait mystère que ses deux départements de prédilection sont celui de l’Intérieur (DFI) et le monstre département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) qui se libérera au départ de Doris Leuthard. Au vu des circonstances, ce serait désormais un aveu de faiblesse de Guy Parmelin s’il cherchait à fuir à la première occasion un bateau qu’il prétend rénover de fond en comble. Et surtout, il sera difficile politiquement de lui confier les clés de départements considérés comme bien plus lourds s’il ne se montre pas à la hauteur à la Défense. A son élection, on disait de Guy Parmelin qu’il ne pouvait que décevoir en bien. Il est temps pour lui de confirmer que sa carrière ne se résume pas à un adage vaudois.

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