L’élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral est véritablement un nouvel atout politique pour la Suisse romande. S’il apparaît indiscutable qu’un conseiller fédéral est au service de tous les Suisses, quel que soit son canton d’origine, l’élection d’un troisième Romand renforce considérablement la position de la Suisse occidentale. Soyons clairs, de grands enjeux infrastructurels sont sur la table des priorités politiques et la Suisse romande a du retard à rattraper!

Trois conseillers fédéraux romands, issus de trois partis et de trois cantons différents, voilà qui ouvre un nombre de relais considérables à une multitude de décideurs romands qui seraient bien inspirés de saisir cette opportunité maintenant qu’elle se présente.

Qualité exceptionnelle du personnel politique romand

Cette élection témoigne aussi de la qualité du personnel politique romand. En effet, l’élection de Guy Parmelin a sans doute été rendue possible par la surreprésentation des Latins aux commandes des principaux partis suisses. Le PS et le PDC sont présidés depuis plusieurs années par des Romands, les chefs des groupes politiques PDC et PLR sont Tessinois, celui du PS est Vaudois. Depuis le 9 décembre, la presse rappelle que tout est peut-être parti de cette double assertion médiatique tenue par Christophe Darbellay et Christian Levrat dans La Liberté qui tous deux s’exclamaient à la mi-octobre déjà: «un Latin ou rien!». L’UDC Vaud a donc saisi la balle au bond et a transformé l’essai!

Paradoxalement, la question du «troisième Romand» n’aura été un thème qu’en Suisse romande. A aucun moment, les groupes politiques qui ont auditionné les trois candidats du ticket UDC n’ont écarté Guy Parmelin au motif que son élection allait déséquilibrer le Conseil fédéral. Cela ne semble même pas avoir été un sujet de discussion chez les Suisses alémaniques alors même que, aux trois Romands, il faut ajouter les deux Bernois dont le canton est officiellement bilingue. Ainsi, il est techniquement possible d’affirmer que le Conseil fédéral est composé de cinq représentants de cantons de Suisse occidentale.

Loin d’adopter une attitude opportuniste, les acteurs politiques, économiques, financiers, ceux issus du monde culturel et associatif ont une fenêtre de moins de dix ans pour donner un coup d’accélérateur aux nombreux projets sur la table avant que la Suisse romande perde un de ses représentants au Conseil fédéral. Ne pas en profiter serait une erreur car – loin d’être en avance – la Suisse romande a plutôt du retard à rattraper sur le Grand Zurich.

Enjeux infrastructurels et réforme fiscale

Aux yeux de la majorité des acteurs, il semble que les enjeux infrastructurels et la réforme fiscale des entreprises soient les sujets prioritaires. A Genève et à Lausanne, la RIE III est le gros morceau au menu de ces prochaines années. Ça tombe bien, Guy Parmelin habite exactement au milieu de cet axe lémanique et se rend compte combien la situation pourrait devenir préoccupante si la mise en œuvre de ladite réforme – attaquée par un référendum de la gauche dans le canton de Vaud – devait échouer.

Même constat pour les infrastructures ferroviaires et routières. Guy Parmelin habite non seulement au cœur de l’axe Genève-Lausanne mais, c’est une anecdote, sa propriété se trouve pile entre la voie ferrée et l’autoroute à Bursins. S’ils sont dans leur salon, les Parmelin voient défiler les InterCity et s’ils quittent leur domicile, ils se retrouvent nez à nez avec le restoroute de La Côte. Autant dire, qu’au-delà de l’intérêt commun, le nouveau conseiller fédéral verrait d’un bon œil la réalisation d’infrastructures performantes capables de digérer les flux quotidiens.

Dépasser les préjugés partisans

Enfin, d’autres enjeux liés à la place économique, à l’aménagement du territoire, au logement et à la sécurité ne doivent pas être oubliés. Il appartient désormais aux nombreux acteurs romands de tous les domaines de dépasser les préjugés partisans et d’aller toquer à la porte du conseiller fédéral Guy Parmelin qui, j’en suis convaincu, leur réservera un accueil chaleureux.

Lire également l'opinion de Lisa Mazzone, conseillère nationale des Verts genevois

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