Pour les Etats-Unis, le tremblement de terre en Haïti et ses conséquences désastreuses sont depuis les premières heures ressentis comme une catastrophe de nature quasi nationale. Le déploiement humanitaire, militaire et les collectes de dons des Américains sont tout à fait exceptionnels. Avec l’intervention de deux anciens présidents – George Bush et Bill Clinton –, c’est même la première fois que Barack Obama obtient un consensus bipartisan pour agir sans entraves.

Sans cette capacité de réaction très rapide de Washington pour soutenir un Etat décapité, les secours internationaux apportés au peuple haïtien seraient sans doute encore plus laborieux. La gestion de l’aéroport de Port-au-Prince ainsi que celle de la sécurité, essentielle pour les sauveteurs et l’action humanitaire, sont assurées par l’armée d’Obama, les forces de l’ONU ayant été durement touchées. Pour les Haïtiens, c’est une bénédiction, et ces secours massifs ont sans doute permis de calmer la situation. Qui d’autre que les Etats-Unis aurait pu le faire?

L’Histoire, l’importante communauté haïtienne sur son sol et le grand nombre d’expatriés américains sur l’île permettent de comprendre cet élan. S’il est justifié de s’interroger sur les intentions et les limites de cette intervention – et de ses éventuelles arrière-pensées politiques – comme certains le font déjà en Amérique latine à l’image du Nicaraguayen Daniel Ortega, il faut rappeler que Barack Obama (ne serait-ce que par la couleur de sa peau) est très populaire sur l’île. De passage à Port-au-Prince, Hillary Clinton a déclaré que les Etats-Unis «seront ici aujourd’hui, demain et pour les temps à venir». Mais elle a pris soin de préciser que c’était à l’invitation du gouvernement du président René Préval et en coordination avec les partenaires de l’ONU.

S’il devait y avoir un calcul politique de la part de Washing­ton, il est sans doute plus de nature interne aux Etats-Unis que d’une quelconque stratégie pour s’emparer du contrôle de l’un des pays les plus pauvres du monde. Les démocrates ont à cœur de montrer qu’ils sont différents des républicains dont la gestion du cyclone Katrina s’était avérée catastrophique.

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