Charivari

Hé, les fées vertes, on est prêtes!

Le week-end électoral a été vert, jeune et féminin. Une révolution de palais qui réjouit notre chroniqueuse, disposée à faire des sacrifices pour répondre au défi écologique

Elles sont Vertes, elles sont femmes et elles sont jeunes. Le week-end dernier, à la faveur du «raz-de-marée-tsunami-ouragan» écologique aux élections fédérales, le parlement a vécu une triple révolution qui réjouit. D’accord, la participation n’a pas été massive, mais les citoyens qui se sont exprimés ont opté pour un vrai coup de frais sous la Coupole et attendent beaucoup de ces fées vertes nouvellement nommées.

La grande préoccupation? Sauver (ce qu’on peut de) la planète pour nos descendants. La Suisse n’est pas le monde, mais si, à notre échelle, on fait tout juste en matière de transports, de chauffage, de pesticides et de gestion des plastiques, on pourra au moins regarder nos enfants et petits-enfants dans les yeux en disant qu’on a essayé. Et, qui sait, la vertu a ses attraits, la honte, son impact. L’élan donné ici aura forcément des résonances ailleurs.

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Le coût de la vie helvétique s’apprête à augmenter à cause de nouvelles taxes? Tant pis. A nous d’inventer des nouvelles manières de faire. Y compris dans les régions de campagne et de montagne qui commencent déjà à s’insurger que «ça ne va pas être possible», que «c’est trop compliqué, injuste, révoltant», etc. Ce qui n’est pas compliqué, c’est que si l’essence augmente de 20 centimes le litre, comme proposé initialement par les écologistes, on va plus souvent marcher, faire du vélo et utiliser les transports en commun. Ou alors pratiquer le covoiturage dans les secteurs les moins bien desservis par le réseau public. On se chauffera peut-être un peu moins, mais on ne retournera pas pour autant à «l’âge de pierre», comme disent les primitifs qui ne veulent surtout ne rien changer à leurs habitudes polluantes et grégaires.

Pensée concrète et décroissance

Oui, les fées vertes, on est prêtes! J’utilise exprès le féminin pluriel, en hommage à la pensée concrète, celle qui dit: on va y arriver, on va se mobiliser, on y croit, on est OK. De ne pas manger des fraises en hiver, de ne pas rouler en 4x4, de ne pas prendre l’avion tous les week-ends et de ne pas acheter en telles quantités qu’une partie spectaculaire de nos achats alimentaires finissent dans la poubelle.

Dans les commentaires de ces élections fédérales, je n’ai lu nulle part le terme de décroissance. Ou alors la mention m’a échappé. Pourtant, le ralentissement de la consommation, acheter moins mais mieux, est bien l’une des solutions, non? On a un peu le tournis après cette vague verte. Mais c’est plus une ivresse qu’un vertige. On a enfin la sensation que la Suisse va pouvoir penser et agir autrement qu’en termes de profit et d’argent.


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