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Qu’est-ce qui compte, dans nos vies à toute vitesse? Courir de la plage vers la mer?
© Yanlev/123RF

La vie à 30 ans

Etre heureux à tout prix

OPINION. La dictature du bonheur est pénible. Notre chroniqueuse a sa propre recette

Un sondage, cette semaine, disait que, faute de temps, 9 Suisses sur 10 sacrifient leurs projets les plus importants. Mais à force de tout définir comme «important», comment peut-on faire autrement que de foncer vers la déception?

Un problème de riches

Qu’est-ce qui compte, au fond, dans nos vies à toute vitesse? Grimper sur des montagnes? Courir de la plage vers la mer? Gagner à l’EuroMillions? Savoir jouer du piano, composer des chansons? Au bout du compte, la moitié des habitants du pays pensent n’avoir pas assez voyagé, ni «vécu d’aventures». Problème de riches.

Ou vertige de citoyens d’un pays qu’on présente comme un des plus heureux au monde, mais dont les habitants pensent justement ne pas l’être, ou pas assez, toujours happés par le jour suivant, le travail, les obligations, et tout le reste. Visiblement, avoir le sentiment que sa vie vaut le coup, ce n’est pas plus simple ici qu’ailleurs.

Hors de nous ou en nous?

L’autre jour, j’ai entendu l’écrivain et sociologue Frédéric Lenoir parler du bonheur à la radio. Un thème très à la mode chez les philosophes. Il se demandait si l’idée d’être dans la joie, version Spinoza, passait par la religion. Ou si le plus important, pour chacun d’entre nous, ne se nichait pas dans l’amour ou dans la générosité. Car il paraît que les gens généreux sont plus heureux que les autres, on le dit souvent. Mais c’est toujours la même chose: en fin de compte, on nous dit quand même que le bonheur est en nous, qu’il est fonction de nos attitudes, de notre ouverture au monde, de notre fluidité spirituelle face à tout ce qui se présente à nous.

La liste haïe

Bref: débrouille-toi. Alors j’ai essayé de faire ma liste pour les temps à venir, afin d’être heureuse. En résumé, il y a des pays à voir, de combats à mener, des défis à relever et, dans ma profession, des reportages décisifs à écrire. Mais elle m’a aussitôt paru longue, cette liste. Et angoissante, cette idée de ne pas parvenir à remplir chaque case, à tout vivre, tout faire juste, tout goûter, tout essayer. Je déteste ce genre de listes, en fait. J’ai donc pris une large respiration, et je l’ai jetée dans la minute qui a suivi.

Apprendre à vivre, je crois que c’est redonner tout ce que l’on reçoit. C’est ce que je vais faire. Je crois qu’une vie ne devient un «projet important» que si on la prend à bras-le-corps. Les yeux ouverts, il faut vivre comme on danse.


Lire la chronique précédente:

Il y a une logique qui m’échappe

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