Charivari

Dans les Highlands, le whisky ou la vie

OPINION. Courir la lande, tel un esprit, ou acheter du scotch pour le revendre à bon prix. A chacun son Ecosse, observe notre chroniqueuse, qui a choisi la sienne!

Pour la cinquième fois, je voyage en Ecosse avec mon chéri et, pour la cinquième fois, le même phénomène se produit: nous nous diluons dans le paysage. Dans les Highlands, nous devenons ce loch sombre ou cette colline ravinée par les pluies. Sur les îles, nous sommes cette falaise aiguisée ou cette plaine de tourbe accidentée. Le sable aussi, qui passe du gris au mauve, semble souffler un récit dans chacun de ses plis.

Pourquoi cette puissance des éléments? Parce qu’en Ecosse, le ciel est si impétueux dans ses changements que voyager sous ce toit mouvant absorbe totalement. Les paysages sont déjà sauvages, mais ils ne seraient rien – ou ils seraient «moins» – sans le charivari du vent et des nuages. Du bleu, du gris, du noir, de la pluie, et puis, après l’ondée qui ébouriffe, du bleu à nouveau, vibrant et joyeux. Et le soleil qui lutte, se bat, amusé d’être ainsi défié. Lui non plus ne se lasse jamais de ce jeu amoureux.