«Nous avions une instruction politique. Il fallait protéger les gens des villages des attaques de la guérilla. Nous avions deux ennemis, les FARC, qu'il fallait faire tomber, et les forces militaires et la police, car nous étions illégaux. Parfois aussi, nous nous affrontions entre paramilitaires pour des questions de terre, d'argent ou de coca. J'avais été abandonné par mes parents. Je suis entré à 12 ans chez les paramilitaires. Femmes, enfants, hommes, on faisait tous les mêmes choses. Je ne sais pas ce que c'est la jeunesse. C'est un peu dur depuis ma démobilisation, mais ça évolue. Et puis il faut bien avoir en tête que c'est plus facile d'avoir un stylo qu'une arme dans la main.»

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