OPINION

Hongkong: le début de la fin?

OPINION. Les manifestants qui perturbent l’ancienne colonie britannique ne sont que le reflet d’une crise sous-jacente qui perdure depuis vingt ans, estime Alexandre Casella, ancien directeur au HCR

Si les manifestations en cours à Hongkong ont été déclenchées en réaction à un projet de loi visant à faciliter les extraditions vers la Chine continentale et qui avait été perçu comme un premier pas vers l’érosion du pare-feu qui préservait l’Etat de droit en force dans l’ancienne colonie britannique par rapport aux pratiques en cours sur le continent, elles ne sont en fait que le reflet d’une crise sous-jacente qui perdure depuis vingt ans.

Lors de la rétrocession de la colonie à la Chine en 1997, avec un statut spécial, Hongkong représentait 20% du PNB chinois. Aujourd’hui, elle ne représente que 2%. Cette diminution n’est pas due à une détérioration économique de Hongkong mais au démarrage économique spectaculaire de la Chine continentale. Or, pendant ce temps, Hongkong a fait du surplace. Certes, elle est toujours la troisième place financière du monde, mais sa base économique est restée essentiellement commerciale et elle ne s’est pas développée au niveau de la production industrielle, de la recherche, de l’innovation et des nouvelles technologies.