La ville portuaire, qui fut un jour promise à une large autonomie économique et administrative jusqu’en 2047, basée sur le principe «un pays, deux systèmes», à la corde au cou. La résistance de la frange libérale de la population hongkongaise contre la mainmise grandissante de Pékin a résulté en une accélération du déclin des libertés démocratiques. Se débattre contre le nœud coulant du Parti communiste chinois paraît dès lors suicidaire. A ce rythme, les derniers vestiges de la démocratie dans le «port parfumé» auront disparu bien avant 2047.

En 2014, les appels à l’élection au suffrage universel direct du chef de l’exécutif de la région administrative spéciale se multiplient, à quoi la Chine répond en proposant que la population choisisse parmi trois candidats sélectionnés au préalable par le Comité électoral, à la solde de Pékin. Concession insuffisante pour beaucoup, qui se mobilisent pour une liberté totale dans le choix de l’exécutif. La «révolution des parapluies» qui en découle est étouffée par la police et l’appareil judiciaire. En juin 2015, l’idée d’une réforme du système politique hongkongais est rejetée: le chef de l’exécutif continuera d’être élu par le Comité électoral. Coup d’épée dans l’eau donc. Mais le bourreau est maintenant sur ses gardes, et le coupable sur l’échafaud.