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Ignazio Cassis, ce jeudi à Lugano.
© Pablo Gianinazzi/Keystone

Du bout du lac

Ignazio Cassis de Dijon

OPINION. Le vocabulaire lié au «dossier européen» de la Suisse donne la migraine à notre chroniqueur. Mais le nouveau conseiller fédéral qui en est chargé, avec un peu de chance, parle la langue

Bon, puisque personne n’ose le dire en cette semaine de résurrection bilatérale, je me dévoue: le gros problème du dossier européen, c’est qu’il est truffé de mots barrages. A commencer par son petit nom: «le dossier européen». Alléchant comme un classeur fédéral qui vous tomberait sur l’orteil. Tout le monde a pourtant plus ou moins compris que l’enjeu est vaguement essentiel. Mais quand il s’agit de s’y plonger pour de bon, admettons-le le rose aux joues, ça commence à tirer un peu derrière l’oreille.

La pas si mauvaise idée de Jean-Claude Juncker

Passé l’intitulé (pour les plus durs au mal), surgit un deuxième monolithe conceptuel très modérément engageant: l’accord-cadre (auquel les puristes accolent l’épithète «institutionnel», parce qu’on n’est jamais trop précis). L’idée sous-jacente n’a pourtant rien de sorcier: il s’agit de se mettre d’accord avec nos voisins de manière un peu pérenne. Jean-Claude Juncker parlait de «traité d’amitié», ce n’était certainement pas sa plus mauvaise idée. Mais non, on a préféré «accord-cadre institutionnel», et tant pis pour les romantiques.

Lire notre éditorial: L'appel maladroit et déplacé d'Ignazio Cassis

A ce stade, le peloton des plus motivés commence à s’étioler. Mais leur calvaire n’est pas fini, tant s’en faut. Parce que la difficulté suivante est de belle facture: bien comprendre la différence entre «reprise dynamique» et «reprise automatique» du droit communautaire. Un exercice passablement jésuitique à lui tout seul, mais corsé encore par celles et ceux qui promettent que ladite différence… n’existe pas. Un petit Panadol?

La Grande Dixence cognitive de la voie bilatérale

A bien y réfléchir, le mauvais pli a été pris il y a une grosse quinzaine d’années. Avec le surgissement dans le débat du plus redoutable des mots barrages de l’axe Berne-Bruxelles, celui qui règne en maître sur le dossier depuis longtemps, la Grande Dixence cognitive de la voie bilatérale: le Cassis de Dijon. Ah, le Cassis de Dijon! Le joyau conceptuel, le mot barrage originel, la matrice.

Lire aussi: Ignazio Cassis a trouvé trois boutons «reset»

Et peut-être même le nœud du problème. Et si l’impasse européenne était lexicale et sémantique avant d’être politique? Et s’il suffisait d’être capable d’expliquer le sujet au plus grand nombre pour le faire avancer? Le cas échéant, tous les espoirs sont permis: quinze ans après le Cassis de Dijon, c’est le Cassis de Sessa, Ignazio de son prénom, qui est à la manœuvre. Avec un peu de chance, il parle la langue.

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