Sur le front de l'Est et en Allemagne, le CICR était impuissant. Dans les pays d'Europe occidentale, il aurait pu, en étant plus incisif, mieux protéger les déportés juifs. Tel est le jugement que l'institution elle-même a porté en 1989 sur son action pendant la guerre. Tant que l'Allemagne dominait, il n'a guère pu intervenir pour les déportés. Grâce à la ténacité de Roland Marti, délégué à Berlin, il a obtenu d'envoyer des colis dans quelques camps. Vers la fin de la guerre, toutefois, il a eu les coudées plus franches. A Budapest, il a protégé plusieurs milliers de juifs de la déportation. Lors de la débâcle allemande, ses délégués ont pu ravitailler certaines colonnes de déportés emmenés par les SS en déroute, voire prendre le contrôle de camps de concentration à leur départ. Il a également apporté des secours dans les camps libérés.

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