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A la mort d’Aretha Franklin, des fans ont déposé des vinyles devant le Museum of African American History, où sa dépouille était exposée. L’Américaine est une chanteuse culte, car aussi importante socialement que musicalement.
© Mike Segar / Reuters

(in)culture

Qui est in, qui est culte

La musique a ses stars, ses perdants magnifiques, ses artistes populaires. Et aussi ses groupes cultes, à l’image de faUSt

Les journalistes musicaux, peut-être plus encore que les autres, ont leurs tics langagiers. Que celui qui n’a jamais parlé du grand retour d’un «groupe culte» me jette la première Stratocaster. En dix-huit ans de carrière, je préfère ne pas savoir combien de fois j’ai cédé à cette facilité afin de souligner à quel point je jugeais tel ou tel artiste d’une importance supérieure.

Alors que ce samedi, le festival Nox Orae reçoit faUSt au jardin Roussy de La Tour-de-Peilz, je me pose cette question: c’est quoi, dans le fond, un groupe culte? Au moment de finaliser une interview de Jean-Hervé Péron, figure centrale de ce groupe qui a participé dès la fin des années 1960 au renouveau de la scène rock allemande, je me suis demandé si l’appellation «culte» était de circonstance.

Du coup, j’ai empoigné ce bon vieux Petit Robert. Lequel me dit qu’il s’agit d’une apposition, à savoir un terme venant en qualifier un autre. Un groupe culte le serait donc parce qu’il «fait l’objet d’une admiration fanatique de la part d’une catégorie de la population».

Lire aussi:  faUSt, ou les rois du dilettantisme éclairé

Tous cultes

Merci pour l’éclaircissement: il suffirait ainsi qu’un artiste soit fanatiquement adoré par ses fans – ce qui est le propre des fans – pour qu’il soit culte. Selon l’ami Robert, Céline Dion et Zaz le seraient tout autant que Miles Davis ou David Bowie…

Vous ne m’entendez pas, mais je ris très fort. Cela me rappelle que le Venoge Festival accueillait il y a peu Stars 80 – «une tournée culte», comme j’ai pu le lire ici ou là. Au-delà du fait que le concert fut apparemment catastrophique d’un point de vue technique, cette tournée repose plus sur une nostalgie teintée de deuxième degré que sur une véritable admiration pour des «stars» ayant pour la plupart commis un seul tube.

Public restreint

Et si vous ne le saviez pas, Rick Astley a sorti en juillet son huitième album. Si, si, le mec à mèche qui chantait Never Gonna Give You Up en 1987. La renaissance d’un chanteur culte? Non, juste une tentative de come-back. Puisque le Robert ne m’a pas aidé, je me suis plongé dans le Larousse, qui, lui, me dit que cette apposition désigne quelque chose «qui suscite l’enthousiasme d’un public généralement restreint». Chouette, si vous me lisez, c’est donc peut-être parce que cette chronique est culte. Là, c’est à vous de rire.

Plus sérieusement, j’en suis arrivé à la conclusion que pour qu’un groupe devienne culte, il ne doit pas seulement être in; il doit surtout avoir eu une importance historique ou sociale, au-delà de son succès intrinsèque. Et j’ai tranché: faUSt, pour être une des cinq formations à avoir inventé ce que les médias britanniques ont baptisé le krautrock, est culte.


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© Gabioud Simon (gam)