Peut-on être couronné du Nobel et dire merde à la télévision? Jacques Dubochet l’a fait. C’est arrivé l’autre soir sur le plateau d’Infrarouge, l’émission de débats de la télévision romande. Plateau de rêve puisque figuraient aux meilleures places les trois savants romands récemment nobélisés. Gloire et ombres de la science, c’était à peu près le thème. Quand le camarade Alexis Favre s’est tourné vers le professeur Dubochet en quête d’un remède pour rétablir une confiance éventuellement perdue entre le monde scientifique et la société, le biophysicien, nature et bourru, n’a pas caché sa colère. Confiance perdue? Pour lui, en science comme dans la vie, il y a des faits. Point. Quand Donald Trump prétend qu’une foule jamais vue a salué son inauguration en 2016, tout le monde sait qu’il dit n’importe quoi. Quand un vaccin maîtrise la progression d’une maladie, une personne honnête le comprend. Des faits, des faits, répétait-il. Le reste, qui plaît tant, croit-il, aux journalistes, il a dit rudement ce qu’il en pensait.