Revue de presse

Des infos erronées du contrôle aérien seraient à l’origine du crash du F/A-18

Défaillance à la base militaire de Meiringen? Le pilote militaire qui s’est tué lundi aurait reçu de fausses indications de Skyguide, prétend l’émission «10 vor 10» de la Télévision alémanique. L’enquête devra le démontrer

Rebondissement. Une enquête de l’émission 10 vor 10 de la Télévision alémanique (SRF) prétend que le crash du F/A-18 de l’armée suisse qui a eu lieu dans les Alpes bernoises ce lundi pourrait être dû à une erreur de communication (à voir ici en vidéo). Le pilote aurait reçu des informations erronées sur son altitude de vol. Le contrôleur aérien devra être entendu, a précisé le porte-parole de la justice militaire, Tobias Kühne, à la SRF. La version imprimée de 20 minutes précise que cela se fait «dans tout accident de ce type», toutefois. Par ailleurs, selon Blick am Abend, la victime serait un Romand, «David G.», qui habitait la région de Payerne (VD).

Dans le détail, «des sources bien informées confirment qu’il existe des preuves qu’il y a eu des problèmes de communication entre le contrôle aérien de la base de Meiringen (BE) et le pilote. L’appareil était en train de prendre de l’altitude lorsque le pilote a confirmé par radio que tout allait bien. Puis le contact s’est rompu. Mais en réalité, l’avion volait trop bas. Il aurait dû se trouver plusieurs centaines de mètres plus haut pour éviter le Tierberg. Apparemment, il a reçu de fausses indications sur son altitude réelle. Lorsque l’erreur a été constatée, il était déjà trop tard.»

Pour Tobias Kühne, «le contrôle aérien fait bien sûr l’objet d’une enquête. Mais ce n’est qu’un aspect des investigations qui sont actuellement menées, et nous devons avoir des éléments certifiés en mains avant de communiquer les résultats préliminaires». La SRF explique ensuite que c’est «Skyguide le responsable du contrôle de la circulation aérienne militaire à Meiringen». D’ailleurs, sur son site internet, l’entreprise précise que «les Forces aériennes et Skyguide entretiennent des liens étroits depuis de nombreuses années, sur le plan tant opérationnel que personnel. Nous assurons, pour les Forces aériennes, le contrôle aérien sur les aérodromes militaires ainsi que les services lors des missions de défense de l’espace aérien suisse.»

«La procédure standard de la justice militaire»

De «nombreuses données» ont donc été réquisitionnées chez Skyguide, notamment «les enregistrements radar et radio». Rien d’étonnant à cela: c’est «la procédure standard de la justice militaire», car les enquêteurs «ne peuvent interroger tous les employés de Skyguide, qui bénéficient de toute manière de la présomption d’innocence». Reste que «le malheureux pilote de 27 ans volait aux instruments, dit Le Nouvelliste. Il devait donc se fier aux indications données par son avion et les contrôleurs aériens de la base militaire de Meiringen.»

Sur des «informations éventuellement erronées fournies par le contrôle aérien, Skyguide ne fait aucun commentaire»: «Ni confirmation, ni démenti», écrit le Blick. Le quotidien zurichois indique aussi «il n’y aurait pas de données directement en relation avec l’accident» chez Skyguide, qui a publié jeudi soir un communiqué de presse à ce sujet. Son porte-parole, Roger Gaberell, Head of Corporate Communication, souligne que «tous les employés ont été très émus par l’accident mortel». La perte du pilote «a choqué les contrôleurs, particulièrement le personnel de la base de Meiringen. Ils ont reçu un soutien psychologique parce qu’ils doivent bien maintenir la mission de l’armée de l’air.»

Le pilote ne devait quasi rien distinguer

Sur le contexte de l’accident, «10 vor 10» indique encore que lorsque le F/A-18 a commencé à patrouiller en vol d’entraînement ce lundi, il faisait mauvais temps. Le pilote ne devait quasi rien distinguer à l’extérieur de son cockpit, tant il y avait de nuages. Il devait donc compter sur ses instruments et sur les informations fournies par le contrôle aérien.» Ce procédé connu remplace en principe «la vue directe, dont il ne dispose pas, c’est son soutien».

Quelques lecteurs de l’article publié sur le site de la SRF sont cependant circonspects après la tragédie: «Il me semble que dans cette affaire, on ne devrait pas chercher un coupable à tout prix. Les causes de l’accident, on le sait, sont sans doute complexes. Il n’apporte donc rien à personne de soupçonner une défaillance du contrôle aérien», dit l’un. Alors qu’un autre prétend que «presque tous les avions monoplaces disposent d’un GPS ou d’applications pour tablettes qui informent le pilote s’il vole trop bas: pourquoi donc ces avions si coûteux n’en ont pas, pour les situations d’urgence? Mes condoléances.»


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