Un langage moderne mélangé à une finesse à l’ancienne. C’est ainsi, mardi dernier sur France Inter, que Charlotte Gainsbourg évoquait la musique de son père. Ce 2 mars, cela faisait trente ans que Serge avait été retrouvé mort, un mois avant son 63e anniversaire, au 5 bis, rue de Verneuil. Dans cet hôtel particulier devenu un mausolée pour sa famille et qui s’apprête à devenir un musée.

En ces temps de cancel culture, d’effacement de ce qui dérange, car c’est plus simple que de contextualiser, mais quel leurre, beaucoup se demandent comment serait aujourd’hui accueilli Gainsbourg, ce poète érotomane doublé d’un provocateur alcoolique. Franchement, est-ce important? Gainsbourg est mort il y a trois décennies, reste son œuvre, immense, inépuisable, sublime. Il faut écouter encore et encore ses 17 albums studio, s’immerger totalement dans ces chefs-d’œuvre absolus que sont Histoire de Melody Nelson et L’Homme à tête de chou, pour mesurer son génie mélodique. Personne n’a et n’aura jamais ce talent d’embrasser la musique dans sa totalité, de partir de la chanson et de sa formation classique pour frayer avec la pop, le rock, le jazz, le blues, le funk, le disco et le reggae.