Opinion

Initiative contre l’expérimentation animale: j’ai failli me laisser berner!

OPINION. L’initiative 164 «Pour un meilleur contrôle de l’expérimentation animale», en votation à Genève le 24 novembre 2019, est un traquenard, écrit Ivan Rodriguez, professeur de neurogénétique à l’Université de Genève

En voilà une belle initiative. Enfin une idée brillante, qui propose la mise en place d’une commission mixte d’évaluation de la pesée des intérêts liés à l’expérimentation animale. Ce sera une commission constituée de deux représentants de la recherche, d’un représentant des vétérinaires, d’un représentant des techniques alternatives à l’expérimentation animale, d’un spécialiste de l’éthique, mais surtout de deux membres des organisations de protection des animaux. Une commission à qui on soumettrait toutes les demandes d’expérimentation du canton, avant autorisation, et qui serait chargée de donner un préavis positif ou négatif pour chacune d’entre elles. Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt?

Un traquenard

Mais attendez, je m’emporte un peu… Oui, à force d’images chocs venues d’ailleurs, mes bons sentiments ont, je le crains, transitoirement pris l’ascendant sur ma raison. Ma raison qui me rappelle que cette commission existe déjà, et depuis longtemps (j’en ai d’ailleurs fait partie quelques années comme représentant de la recherche). Une commission qui se réunit régulièrement pour évaluer tous les projets d’expériences impliquant des animaux sur le territoire genevois. Mais alors, de quoi s’agit-il? Pourquoi cette initiative? C’est assez simple, il s’agit d’un traquenard. Sous couvert d’une idée faussement nouvelle et émotionnellement puissante, on tente d’introduire le ver dans le fruit. On tente de remplacer une commission fonctionnelle par une autre, identique, à l’exception de certains détails. Et tout le monde le sait, c’est dans les détails que se cache le diable.