Je ne suis pas un instragrameur compulsif. Ce n’est pas que je sois réticent aux réseaux sociaux, et encore moins à cette application dédiée à l’art photographique, mais, plus prosaïquement, je ne pense pas à dégainer mon téléphone intelligent, qui se trouve plus souvent au fond d’un sac que dans ma main. Cet été, j’ai posté une quinzaine d’images, guère plus. On peut y voir un oiseau, une pleine lune, des musiciens en plein air et beaucoup de paysages: Interlaken, la Jungfrau, Lauterbrunnen, Locarno, le col du Simplon…

Eh oui, j’ai essentiellement voyagé en Suisse, comme vous probablement. J’aurais aussi pu photographier le glacier de Tsanfleuron et la vue plongeante sur Derborence, les cascades du Vallemaggia et l’alpage de Sonchaux, histoire d’inonder un peu plus le flux Instagram de clichés made in Switzerland. Les réseaux sont en effet devenus, depuis le déconfinement, une sorte d’office du tourisme participatif. Je ne suis pas allé dans les Grisons, mais à voir les innombrables photos postées par des amis plus ou moins lointains, j’ai l’impression que l’Engadine a accueilli la moitié de la Suisse romande. Du coup, cela m’a donné une irrépressible envie de m’y rendre. Planifier ses vacances et week-ends grâce à Instagram, cela pourrait bien devenir la norme.